"Livre blanc de la sécurité intérieure" : Christophe Castaner lance les travaux

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a lancé lundi 14 octobre 2019 les travaux en vue d'un futur livre blanc sur la sécurité intérieure, qui réuniront l’ensemble des acteurs de la sécurité : forces de l’ordre, ministère des Armées, mais aussi collectivités territoriales et sociétés privées de sécurité, à travers notamment des assises territoriales de la sécurité.

"Il nous faut nous adapter et réfléchir aux questions importantes de notre sécurité", a déclaré Christophe Castaner lors du lancement des travaux du "Livre blanc de la sécurité intérieure", lundi 14 octobre 2019 place Beauvau. La rédaction du document passera par une réflexion conduite au sein de quatre groupes de travail, sous l’égide d’un "haut-conseil" et en relation avec des partenaires extérieurs. Les travaux de rédaction à proprement parler débuteront en janvier 2020. 

Le principe d'un tel livre blanc avait été annoncé le 12 juin par le Premier ministre, Édouard Philippe, lors de sa déclaration de politique générale (lire notre article du 12 juin 2019). Le précédent "Livre blanc de la sécurité publique" avait été rédigé en 2011, sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

"Nous devons aborder la lutte contre la radicalisation, contre le terrorisme, mais aussi le thème de la criminalité organisée, travailler sur de nouvelles formes de criminalité, comme la criminalité environnementale", développe le ministre de l'Intérieur. Il souligne également les "ruptures technologiques majeures" qui se sont succédé, et qui "poussent à l’évolution". Selon lui, "il ne faut rien négliger : objets connectés, postes de travail mobiles, tout peut être envisagé dans l’organisation du travail de nos forces".

Ouverture des groupes à la mi-novembre

Revenant sur les quatre groupes de travail - pilotés par les préfets Thierry Lataste, Philippe Gelli, Nathalie Colin et Renaud Vedel -, le secrétaire d'État Laurent Nunez indique que ces derniers vont "travailler en interne dans un premier temps". 

"À partir de la mi-novembre, ces groupes s’ouvriront sur des partenaires extérieurs, afin de confronter leurs idées et d’en recueillir de nouvelles", précise-t-il. "Le groupe chargé de réfléchir sur le continuum va, par exemple, s’élargir aux grandes associations de transporteurs, de bailleurs, d’élus locaux, afin d’avoir les échanges les plus approfondis possible."

"Si nous construisons ce livre blanc en nous regardant nous-même, ce sera un échec", complète le ministre de l'Intérieur. "Nous devons observer l’ensemble des acteurs de la sécurité : forces de l’ordre, ministère des Armées, mais aussi collectivités territoriales et sociétés privées de sécurité, qui montent en puissance."

Pour mémoire, parmi les quatre groupes de travail : 

- le premier sera consacré à l'organisation des services et plus spécifiquement sur les missions de la police, de la gendarmerie et des pompiers, au regard "de l'état de la menace" ;
 - le deuxième abordera les partenariats et "le continuum de sécurité", à savoir les liens entre les forces de sécurité et les acteurs "non-régaliens" du secteur (police municipale, sécurité privée, élus, bailleurs sociaux, transporteurs) ;
- le troisième groupe sera chargé d'établir une stratégie de ressources humaines et de moyens ;
- le quatrième sera consacré aux nouvelles technologies.

 Au fur et à mesure de la réflexion, "d’autres thèmes pourraient émerger", précise Laurent Nunez.

Assises territoriales 

Le ministre de l'Intérieur annonce en outre la mise en place "d’assises territoriales de la sécurité intérieure", organisées sous l’égide des préfets et réunissant des forces de l’ordre, des élus, des entreprises, des acteurs de la sécurité civile et des Français. Il rappelle également que des consultations seront menées au sein des commissariats et des casernes. Des chercheurs universitaires et experts doivent en outre être consultés. Par ailleurs, un panel "représentatif" de citoyens sera amené à émettre des propositions.