Logement des jeunes : l'Unhaj demande un moratoire sur la contemporanéisation des APL

L'Union nationale pour l'habitat des jeunes constate d'importantes baisses d'APL chez certains jeunes. Le gouvernement a certes prévu un dispositif de lissage mais celui-ci ne concerne que les étudiants et pas les jeunes en contrat d'apprentissage ou de professionnalisation, ni les jeunes actifs.

Dans un communiqué du 18 février, intitulé "Impacts de la crise sanitaire et réforme des APL : les jeunes cumulent les incertitudes", l'Union nationale pour l'habitat de jeunes (Unhaj) demande au gouvernement un moratoire dans la mise en œuvre des APL en temps réel, autrement dit la contemporanéisation des aides personnelles au logement, entrée en vigueur au début du mois de janvier (voir notre article du 7 janvier 2021).

L'Unhaj ne conteste pas le principe de la réforme des APL en temps réel et reconnaît même qu'"à défaut du plan global annoncé par Emmanuel Macron en juillet dernier, les mesures s'enchaînent pour les accompagner [les jeunes, ndlr] et faire en sorte qu'ils ne sombrent pas en nombre, matériellement et psychologiquement, pour finalement constituer la génération sacrifiée qu'ils se refusent à devenir". La dernière en date étant la création d'une aide de 1.000 euros pour les jeunes actifs (de moins de 25 ans et gagnant moins de 1.400 euros par mois) qui s'installent dans leur premier logement (voir notre article du 5 février 2021).

Mais l'Unhaj reproche à l'exécutif de "sectoriser la jeunesse pour en délaisser une grande part" : "Il semble ignorer que les 18-25 ans, soit près de 8 millions de personnes et 12% de la population française, représentent des situations aussi multiples que variées". La remarque vise la distinction opérée de fait par la réforme entre les étudiants et les jeunes actifs. Conscient du risque que la contemporanéisation des APL lèse les étudiants, dont les ressources sont souvent sujettes à variation, le gouvernement a prévu un maintien des droits des étudiants (y compris étudiants salariés et boursiers), quel que soit le montant de leurs revenus (sauf bien sûr si le loyer a changé). Il s'agit en l'occurrence d'un effet cliquet à la baisse. Sont considérés comme étudiants les jeunes ayant moins de 28 ans au 1er septembre 2020 et poursuivant leurs études.

En revanche, ce gel des effets négatifs éventuels de la réforme ne s'applique ni aux jeunes en contrat d'apprentissage, ni à ceux en contrat de professionnalisation. Dans les deux cas, les jeunes concernés ne sont pas considérés comme des étudiants, mais comme des salariés. La réforme s'applique donc de plein droit. Enfin, les jeunes actifs de moins de 25 ans, quel que soit leur statut, se voient également appliquer la réforme de plein droit. Les jeunes qui prennent un premier emploi peuvent ainsi perdre un bonne part de leur APL.

Dans son communiqué l'Unhaj indique que son réseau "Habitat jeunes" constate "en ce début d'année que plus d'un tiers des personnes logées par ses adhérents subissent à ce jour une baisse de leur APL. Les jeunes les plus impactés sont ceux en situation d'emploi : intérimaires, contrats saisonniers, mais aussi CDD et CDI temps plein. Avec des revenus moyens légèrement inférieurs au Smic, ils perdent en moyenne 150 euros d'APL par mois". L'association en donne d'ailleurs quelques exemples réels.

L'Unhaj considère que ces situations "confirment que les jeunes cumulent les incertitudes. Car dans un contexte de très grande instabilité économique et sociale, une aide désormais recalculée tous les trimestres, comme le prévoit la réforme, ne permet aucune visibilité. Comment être certain de pouvoir payer son loyer et se maintenir dans son logement ? Et par voie de conséquence, comment ne pas craindre de devoir renoncer à un projet professionnel ou de formation ?".

 

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