Lyon-Turin : lancement des études pour la réalisation des accès français

La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a annoncé ce 8 avril le lancement des études pour la réalisation des accès français au futur tunnel franco-italien du Lyon-Turin. Un comité de pilotage associant les collectivités territoriales concernées suivra la mise en œuvre de ce programme d'études.

La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a annoncé ce 8 avril le lancement du programme d'études pour la réalisation des accès français au futur tunnel franco-italien du Lyon-Turin, qui fait l'objet d'un traité bilatéral ratifié en 2017 et bénéficie d'un financement européen à hauteur de 40%. "Cette décision ministérielle est une étape importante dans la préparation de la France à la réalisation du nouvel itinéraire international entre Lyon et Turin", a relevé le ministère des Transports dans un communiqué. Celui-ci rappelle que la réalisation de ces accès est inscrite dans la programmation des investissements présentée dans le projet de loi d'orientation des mobilités (LOM) en cours d'examen par le Parlement.

SNCF Réseau chargé de la programmation

SNCF Réseau a été chargé de programmer la construction des accès entre l'aéroport de Lyon et l'entrée du tunnel à Saint-Jean-de-Maurienne (Savoie), et d'en programmer un phasage. Deux lignes nouvelles ont notamment été déclarées d'utilité publique en 2013, rappelle la décision adressée par la ministre au préfet de la région Auvergne-Rhône-Alpes : une ligne mixte voyageurs/fret de 78 km de Grenay, près de Lyon, à Chambéry et un itinéraire fret de 62 km, essentiellement souterrain, entre Avressieux (Savoie) et Saint-Jean-de-Maurienne. SNCF Réseau doit aussi préparer un "schéma directeur" d'amélioration de la ligne classique Dijon-Modane, sur laquelle devrait être envoyée une bonne partie du trafic de marchandises en attendant la lointaine réalisation des lignes nouvelles depuis Lyon.
Le Conseil d'orientation des infrastructures (COI), qui a inspiré la programmation du gouvernement, avait préconisé de repousser aux calendes grecques une réalisation des lignes nouvelles – estimées à 7,7 milliards d'euros (valeur 2011) -, au profit de la modernisation de Dijon-Modane pour 700 millions d'euros. Élisabeth Borne ressuscite donc ces projets de lignes nouvelles. Mais, rappelant "la priorité donnée à l'amélioration des transports du quotidien", elle souligne que "ces accès comme tous les grands projets doivent s'inscrire dans une démarche de réalisation progressive en commençant par les optimisations nécessaires du réseau existant avant la réalisation de lignes nouvelles".

Un comité de pilotage sous l'autorité du préfet de région

Un comité de pilotage va être mis en place, sous l'autorité du préfet de région d'Auvergne-Rhône-Alpes et en association avec les collectivités locales (région, départements, agglomérations et principales villes concernées), pour suivre ces études. "Ces travaux seront notamment l'occasion d'examiner les propositions portées par les élus locaux, et plus généralement, devront s'attacher à rechercher toutes les pistes d'optimisation des coûts et des phasages afin de garantir la soutenabilité financière du programme", selon le communiqué.
Un premier point d'étape sur ce programme d'études et son calendrier de réalisation est attendu à l'été 2019.
"Nous saluons la dynamique engagée par la ministre qui confirme clairement la nécessité d'aménager des voies d'accès performantes au tunnel de base", a réagi lundi dans un communiqué la Transalpine Lyon-Turin, fédérant les acteurs économiques et politiques mobilisés pour la réalisation de cette liaison ferroviaire.
Le tunnel Lyon-Turin - un ouvrage de 57,5 km estimé à 8,6 milliards d'euros - alimente depuis des mois les polémiques au sein du gouvernement italien formé par la Ligue de Matteo Salvini, qui y est favorable, et le Mouvement 5 Étoiles de Luigi Di Maio, qui le considère comme un gaspillage d'argent public. L'Italie souhaite aussi revoir la répartition du financement du tunnel, Rome étant censé payer plus que Paris au motif que la France doit financer des accès plus coûteux de son côté.