Masse salariale du bloc communal : une hausse de près de 20% sur le dernier mandat
La société Adelyce a récemment révélé ce résultat issu de l'analyse d'un échantillon de communes et groupements. Son étude met aussi en évidence le fait qu'une part majoritaire de l'augmentation des coûts salariaux échappe à toute maîtrise de la part des collectivités.
© Adelyce
La masse salariale des communes et de leurs groupements a progressé de 19% sur la période 2020-2025, qui correspond grosso modo au dernier mandat municipal, indique la société Adelyce, spécialisée dans l'édition de logiciels pour le secteur public.
Une étude sur le sujet, qu'elle a dévoilée fin septembre, se fonde sur un échantillon de 470 communes et intercommunalités de toutes tailles, prenant en compte tous les agents que celles-ci emploient, quels que soient leurs statuts.
Ce résultat global masque de fortes disparités entre les strates de communes, celles dont la masse salariale est comprise entre 2 et 5 millions d'euros enregistrant une croissance de celle-ci bien plus élevée (+26,3%). Selon les experts d'Adelyce, ces collectivités emploient beaucoup d'agents sur les premiers échelons des grilles indiciaires et sont donc plus sensibles aux revalorisations réglementaires concentrées sur les bas de grilles.
Progression des rémunérations
Les communautés de communes et d'agglomération ont vu leur masse salariale progresser encore plus rapidement (+28,8%). Elles ont dû en effet recruter des agents pour faire face à de nouvelles compétences.
Autre enseignement de l'étude : 77,6% de la hausse de la masse salariale du bloc communal entre 2020 et 2025 relève de l'augmentation des rémunérations, le restant de l'évolution (22,4%) étant lié à la hausse des effectifs. Ces résultats sont proches de données dévoilées récemment par la Cour des comptes. L'institution constatait dans une note que pour l'ensemble des collectivités et sur la période allant de 2012 à 2024, la croissance de la masse salariale était liée pour plus des trois quarts à la progression des rémunérations, le restant provenant de la hausse des effectifs (voir notre article).
L'étude analyse les facteurs de la croissance des rémunérations des agents du bloc communal au cours du dernier mandat. Il ressort ainsi que deux tiers de la hausse proviennent des nombreuses mesures réglementaires qui ont été prises par le pouvoir national (hausse du taux des cotisations vieillesse des employeurs territoriaux, relèvement du point d'indice, revalorisations de grilles) et "sur lesquelles les collectivités n'ont pas la main", souligne-t-on chez Adelyce.
Dépenses "non pilotables"
Le plus souvent à caractère "automatique", le déroulement naturel des carrières (avancements d'échelon ou de grade, promotions internes) explique quant à lui 14% de la croissance de la rémunération des agents des communes et intercommunalités.
Au total, au cours des cinq dernières années, les élus du bloc communal n'ont eu aucune prise sur 81% de la croissance des rémunérations de leurs agents, ce que les experts d'Adelyce appellent un volume de dépenses "non pilotables". Ils ont tout de même disposé d'un "levier réellement à leur main", le régime indemnitaire, qui a été à l'origine de 18% de la hausse des salaires des agents.
Adelyce estime qu'au cours de l'actuel mandat (2026-2032), la masse salariale du bloc communal pourrait progresser selon trois scénarios. Avec pour chacun des résultats sensiblement différents, puisque mettant en évidence des hausses respectives de la masse salariale de 5,3%, 10,4% et 16,2%. Selon le spécialiste du "pilotage public", l'hypothèse la plus élevée (+16,2%), assez proche du rythme observé au cours du dernier mandat municipal, est "l[a] plus probable".