Nappes phréatiques : si la vidange se poursuit, le BRGM se fait globalement plutôt rassurant
Faute de pluie, la quasi-totalité des nappes phréatiques continuent de se vidanger, enseigne le BRGM. Si ce dernier observe que la situation est "plutôt dégradée sur l'ensemble des territoires", il souligne qu'elle est "nettement moins préoccupante qu'en 2022" et ce, en grande partie grâce à la recharge exceptionnelle de février dont a bénéficié une grande partie du territoire. La situation du Limousin, du Massif central en général et de tout le Grand Est n'est toutefois pas sans inquiéter.
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Alors que la situation de nombre de petits cours d'eau se fait critique (lire notre article), le Bureau de recherche géologique et minière (BRGM) se veut globalement plutôt rassurant pour les nappes phréatiques au 1er septembre.
Situation "plutôt dégradée"…
Certes, la situation est "plutôt dégradée sur l'ensemble du territoire", indique l'hydrogéologue David Ratheau. "61% des points d'observation sont en dessous des normales mensuelles" (19% au-dessus) et "90% des niveaux continuent de baisser" – seule exception, la nappe du Sundgau reste stable –, précise-t-il. Principalement en cause, l'absence de pluie – "Il n'y a pas eu de pluies efficaces depuis mars, sauf dans le Sud", observe l'expert, en mettant en exergue "l'impact très timide des pluies d'orage" de la fin août –, à laquelle s'ajoutent les prélèvements estivaux. Conséquence, le mouvement de vidange des nappes débuté en mars se poursuit. Mais s'il s'est fait particulièrement intense en juin du fait des canicules successives, qui ont entraîné de fortes demandes en eau, il devrait progressivement s'étioler. "Les températures baissent, la végétation ne va pas tarder à entrer en dormance – beaucoup de feuilles sont déjà tombées. Surtout, la période d'irrigation prend fin, comme la période touristique. La ressource va être moins sollicitée", détaille l'expert.
… mais "nettement moins préoccupante qu'en 2022"…
David Ratheau souligne en outre que la situation est "nettement moins préoccupante qu'en 2022", en dépit de l'été le plus chaud jamais enregistré en France. Et ce, grâce à la "très bonne recharge du mois de février dont on a encore le bénéfice, et qui fait que l'on a des situations qui ne sont pas si catastrophiques que cela, notamment dans le sud". Certaines nappes affichent même des niveaux plus hauts que la moyenne, comme les nappes des calcaires de Beauce et d'Armagnac. Et le BRGM se fait plutôt optimiste pour le pourtour méditerranéen. À l'inverse, les niveaux des nappes du socle armoricain et de celle du bassin aquitain "sont désormais bas". David Ratheau relève néanmoins que "d'après Météo France, [on] a une chance sur deux d'avoir un automne humide sur toute la façade atlantique […]. On est quand même plutôt optimiste" (contre 30% de chance d'avoir une pluviométrie conforme aux normales de saison ces trois prochains mois, et 20% de chance d'avoir un automne plus sec).
… à quelques exceptions près
Il se montre a contrario plus inquiet pour "le Limousin, le Massif central en général et pour tout le Grand Est", les nappes du socle limousin, des calcaires du Jura et de la plaine nord d'Alsace étant "à des niveaux très bas". Et pour ces régions, aucun scénario météorologique prédomine. "Tout dépendra des pluies automnales", conclut l'expert.