Petite enfance : Stéphanie Rist détaille son plan de charge à court, moyen et long terme
La ministre des Familles a notamment nommé Elisabeth Laithier "ambassadrice du service public de la petite enfance" – une mission qui démarrera après les élections municipales. Son cabinet mènera par ailleurs des consultations sur le modèle de financement de l'accueil du jeune enfant.
© @cnaf_actus/ Stéphanie Rist au centre et Frédéric Romain à droite
Le conseil d'administration de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) a élu un nouveau président, le 10 février, en la personne de Frédéric Romain, jusque là représentant de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) à la Cnaf. Il remplace Isabelle Sancerni, qui était présidente de la Cnaf depuis janvier 2018.
À l'occasion de l'installation de ce nouveau CA, la ministre de la Santé et des Familles Stéphanie Rist est revenue sur les différentes réformes en cours ou à venir, intéressant tant la branche Famille que les collectivités locales, à commencer par le service public de la petite enfance (SPPE). "Le démarrage s’est fait dans des conditions difficiles, avec des créations de places de crèche en‑deçà des 35.000 prévues par la COG 2023‑2027", a constaté la ministre.
Pour y remédier "à court terme", Stéphanie Rist mise sur l'augmentation de 2% du tarif de financement des crèches (PSU, prestation de service unique) adoptée en loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (voir notre article). La ministre a aussi chargé Elisabeth Laithier, présidente du comité de filière Petite enfance, de devenir ambassadrice du SPPE auprès des élus – une mission qui démarrera après les élections municipales.
"À moyen terme, nous devons renforcer l’attractivité des métiers", affirme Stéphanie Rist, évoquant "un article de lutte contre les impayés des assistantes maternelles" figurant dans la LFSS 2026, le "plan plus global pour ce secteur" qu'elle a demandé (sans précision sur le calendrier) et sa "détermination à déployer le titre professionnel d’intervenant éducatif petite enfance". Cette "certification de niveau bac dédiée à la petite enfance" est "une avancée majeure, attendue de longue date", selon la ministre. Cette dernière dit connaître "les débats" autour de ce nouveau titre et indique que "son application se fera dans la souplesse" (voir notre article). Elle promet par ailleurs de s'atteler à dénouer "la situation de blocage sur le bonus attractivité du privé lucratif".
"À long terme, le modèle de financement doit évoluer", poursuit Stéphanie Rist, qui annonce que des consultations vont être engagées par son cabinet à ce sujet. Parmi les objectifs de cette future réforme, il y a selon elle la nécessité de "clarifier la répartition des financements entre CAF, communes, familles et État". Là encore, le calendrier n'est pas précisé ; la prochaine convention d'objectifs et de gestion (COG) entre l'Etat et la Cnaf, qui démarrera en 2028, devrait logiquement constituer le cadre d'évolutions plus ou moins structurantes.
Mais l'urgence, pour la ministre des Familles et la Cnaf, c'est le déploiement du congé supplémentaire de naissance, avec un démarrage au 1er juillet 2026 confirmé. "Il s’agit d’une prouesse. Cela nécessite des travaux techniques majeurs", souligne Stéphanie Rist, indiquant que la dizaine de décrets relatifs à ce nouveau congé seront soumis aux consultations obligatoires en mars et "pris fin mai au plus tard". Sera par ailleurs autorisé à titre exceptionnel "le cumul entre le congé de naissance et le soutien financier des CAF à une assistante maternelle" pour éviter des ruptures de contrat de la part de familles ayant "mobilisé cette option pendant les six premiers mois de l’année 2026".