PIA, France 2030 : des outils efficaces d’adaptation des formations aux besoins des territoires ?

Le centre d’études et de recherches sur les qualifications (Cereq) s’est penché sur les programmes d’investissements d’avenir (PIA) et sur France 2030 afin de jauger si l’objectif d’une meilleure adaptation de l’offre de formation aux métiers de demain était rempli.

Depuis 2010 et le lancement du premier PIA (programme d’investissements d’avenir) et jusqu’à la mise en œuvre de France 2030 à compter de 2020, le Cereq a identifié environ 500 projets cherchant à rapprocher la formation avec les besoins émergents des secteurs économiques dans les territoires concernés. Une chronologie dans laquelle se sont succédé des dispositifs faisant la part belle à l’apprentissage, d’autres privilégiant les partenariats entre organismes de formation et entreprises, ou encore certains s’appuyant sur des "écosystèmes territoriaux" autour de campus des métiers et des qualifications... et pour finir avec France 2030 qui n’a fait que prolonger la dynamique "en amplifiant l’investissement dans les compétences". C’est le constat que dressent les auteurs d’une étude récente du Cereq intitulée : "Adapter l’offre de formation aux métiers de demain : regards sur les PIA et France 2030".

Le Cereq relève que depuis le premier PIA de 2010, ce sont près de 2 milliards d’euros qui ont été injectés pour pallier la faible attractivité de certaines filières, ou encore résoudre les difficultés d’insertion persistantes, "sans rompre avec les dispositifs existants", mais avec la volonté affichée de changer d’échelle en cherchant à renforcer les coopérations entre les différents acteurs. Dans le détail, 426 millions d’euros ont été injectés dans le cadre du PIA1, 107 millions dans le PIA2 (2014), 80 millions dans le PIA3 (2017) et 1,3 milliard d’euros entre 2020 et 2024 dans le cadre de France 2030.

Les besoins des territoires et des filières au cœur de la démarche

A travers ces différentes phases, une "logique partenariale" s’est mise en place puis renforcée au fil du temps, décrivent les auteurs de l’étude, au point de s’imposer comme un marqueur essentiel des actions mises en place. Pour aboutir, notamment, à l’AMI (appel à manifestation d’intérêts) "Compétences et métiers d’avenir" du plan France 2030 qui a formalisé l’obligation d’associer des acteurs du monde économique aux côtés des établissements de formation et donneurs d’ordres publics. C’est le cas avec les diagnostics emploi-formation qui s’inscrivent dans un cadre où les besoins des territoires et des filières sont au cœur de la démarche, "en amont de la construction et de l’orientation du contenu des projets de formation".

L’idée sous-jacente consiste donc à s’appuyer davantage sur le monde économique et sa "capacité d’anticipation sectorielle" - ainsi que sur ses ressources - afin de mener "des expérimentations directes d’innovation", créant ainsi une sorte de boucle vertueuse "qui renforce les liens avec les publics scolaires, facilite la mutualisation des ressources et rend possibles des ajustements concrets de formations".

A travers ces différents dispositifs, PIA, France 2030, la palette à disposition des établissements de formation s’en trouve élargie, conclut l’étude. Certains optent pour la création de modules de formation dédiés à des métiers d’avenir qui peuvent toucher aussi bien des demandeurs d’emplois que des salariés et qui se combinent souvent avec des formations existantes. Le Cereq cite en exemple les micro-formations, micro-certifications ou blocs de compétences qui permettent d’apporter "une réponse spécifique à un besoin nouveau", voire compléter des formations certifiantes existantes pour ainsi proposer "un parcours de formation s’inscrivant dans la durée".

L’étude du Cereq aborde également le sujet de la "coloration des diplômes" comme enjeu de territorialisation, au plus prés des besoins des filières locales, ou encore la formation d’initiative locale qui permet de compléter un diplôme de niveau 3, 4 ou 5 à travers l’alternance. Reste également l’alternative de la création - ou de la révision - d’une certification, ce que le Cereq qualifie de "forme la plus aboutie des modes d’identification de l’offre de formation", sans pour autant mésestimer les difficultés liées à des procédures d’enregistrement "complexes, longues et exigeantes".

 

 

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