Piscines : les Français favorables à la délégation de service public... sans vraiment savoir pourquoi
Selon un sondage, les deux tiers des Français se disent favorables à une gestion déléguée des piscines publiques. Une très large majorité estime par ailleurs que les piscines ne sont pas vétustes et place la qualité de l'eau en tête des priorités.
© Ifop / Prestalis et Adobe stock
Les deux tiers des Français se disent favorables à une gestion déléguée des piscines publiques... sans trop savoir pourquoi, selon une enquête de l'Ifop pour Prestalis, une entreprise spécialisée dans la gestion de piscines dans le cadre de délégation de service public (DSP), publiée en février 2026.
Intitulée "Le regard des Français sur les piscines", cette enquête propose d'abord un jugement sur la proximité et la vétusté des piscines. Ainsi, à la question de savoir si l'accès à une piscine à proximité de chez soi est "prioritaire" à leurs yeux, seuls 15% des Français répondent par l'affirmative, 50% estimant que c'est "important mais pas prioritaire" et 35% jugent cet aspect "secondaire".
Une piscine en bon état plutôt que proche
Les personnes fréquentant la piscine plusieurs fois par semaine sont à peine 50% à estimer prioritaire la proximité d'un équipement aquatique. Et pour cause : 70% des Français préfèrent se rendre dans une piscine davantage éloignée de chez eux mais neuve et en très bon état.
Car ce qui préoccupe le plus les Français dans la gestion d'une piscine municipale, c'est avant tout la qualité de l'eau (citée par 62% des sondés), devant la sécurité (48%), la propreté (42%) et un prix d'accès optimisé (39%). On note que la sobriété énergétique (citée par 12% des sondés), des activités variées (8%) ou un bon accueil du personnel (8%) arrivent loin derrière.
Quant à la perception des piscines municipales, l'enquête révèle que 73% des Français estiment que la plus proche de chez eux n'est pas vétuste, dont 44% "pas du tout vétuste", contre 21% "plutôt vétuste" et seulement 6% "tout à fait vétuste". Ce jugement des Français contraste avec celui des élus locaux (lire notre article du 9 septembre 2025) ou des professionnels du secteur (lire notre article du 4 février 2025), qui rappellent régulièrement que le parc français d'équipements aquatiques est ancien et en manque de réhabilitation.
DSP : des avantages qui ne sautent pas aux yeux
Vient alors la question qui préoccupe le plus la société Prestalis, commanditaire de l'enquête : êtes-vous favorable ou non à une coopération entre entreprises et collectivités concernant la gestion des piscines municipales ? Alors qu'actuellement environ 10% du parc des piscines publiques sont gérées sous forme de DSP et que cette part grandit ces dernières années à la faveur de nouvelles constructions, 66% des Français se disent favorables à cette solution. Il s'agit cependant d'un "oui" timide : 52% sont "plutôt favorables" et seulement 14% "tout à fait favorables".
L'explication de cette tiédeur tient sans doute dans le peu de raisons que les Français voient à la DSP. Pour ceux qui se disent favorables à cette coopération entre collectivités et délégataires, les avantages ne sautent pas aux yeux. 23% seulement y voient un moyen de réduire ou de maitriser les dépenses de la collectivité, 18% estiment que la DSP offre une meilleure gestion des infrastructures et ils ne sont que 2% à penser que cela décharge les collectivités de certaines missions. Quant à l'amélioration de l'accessibilité pour la population (tarifs, horaires…), elle n'est citée que par 8% des sondés. Plus globalement, seuls 3% des Français favorables à la DSP pour les piscines publiques affirment spontanément que cela induit un "bénéfice mutuel".
Enfin, et alors qu'un tiers des élèves sont identifiés comme non-nageurs en début d'année de sixième selon la dernière enquête disponible du ministère de l'Éducation nationale, 86% des Français souhaitent que l'apprentissage de la nage devienne une priorité nationale pour tous les enfants dès la rentrée au collège. Une forte demande qui s'explique par les derniers chiffres du sondage : seuls 53% des Français estiment que l'école a permis à leur enfants de bien savoir nager, quand ils sont 25% à être en désaccord avec cette affirmation et 22% à déclarer que cet apprentissage ne s'est pas fait à l'école.