Programmation pluriannuelle de l'énergie : le gouvernement surmonte deux motions de censure
Le gouvernement a sans surprise surmonté ce 25 février les deux motions de censure déposées par le RN et LFI pour protester contre la publication par décret de la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3) – lire nos articles des 12 et 13 février. La motion de censure LFI a recueilli 108 voix, loin des 289 nécessaires pour faire tomber le gouvernement. Une bonne majorité du groupe écologiste (29 députés sur 38) a voté la motion, tout comme 6 membres du groupe communiste et ultramarin, et 2 du groupe PS.
Celle du RN, non soutenue par la gauche, avait auparavant obtenu 140 voix, dont celles de ses alliés du groupe ciottiste, et d'une députée du groupe Droite républicaine.
Sur la forme, les orateurs RN et LFI ont tous deux dénoncé le choix du gouvernement d'en passer par un décret plutôt qu'une loi pour mettre en oeuvre sa programmation pluriannuelle de l'énergie. "Quand les macronistes perdent avec les règles de la démocratie, ils choisissent de passer en force avec cette PPE3. Votre dérive illibérale est totale", a fustigé Jean-Philippe Tanguy (RN). "C'est une nouvelle sorte de 49.3 que vous imposez au pays", a renchéri Maxime Laisney (LFI).
Sur le fond, par contre, RN et LFI s'opposent diamétralement sur l'équilibre entre énergie nucléaire et énergies renouvelables. Les premiers ont déploré dans leur motion "une politique décroissante qui accélère les énergies intermittentes, ment sur le nucléaire et fait peser un risque majeur sur les finances publiques". Les seconds ont regretté au contraire une "relance massive du nucléaire", et un "coup de frein sans précédent sur le développement des énergies renouvelables", "seules à pouvoir se substituer aux énergies fossiles à court terme et à nous permettre de répondre à l'urgence climatique".
Le Premier ministre s'en est pris aux uns et les autres dans sa réponse, voyant dans ces motions "la démonstration d'un désordre politique inutile". "Renverser un gouvernement ne produira pas un mégawattheure", a-t-il dit, fustigeant des "chiffres inventés" du côté du RN et accusant LFI de "préférer importer du gaz russe (plutôt) que de produire de l'électricité nucléaire décarbonée française".
Le PS, qui avait annoncé qu'il ne voterait pas la motion LFI, a affirmé par la voix du député Karim Benbrahim ne pas vouloir "renoncer à lancer de nouvelles capacités nucléaires", estimant que cela ferait peser "un risque majeur sur notre sécurité d'approvisionnement".