Projet de loi de modernisation de la sécurité civile : la FNSPF ne s’accommodera pas de demi-mesures
A la veille de la présentation du projet de loi de modernisation de la sécurité civile dans ses grandes lignes et du début de la grève des sapeurs-pompiers, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France met la pression sur le gouvernement.
© Sebastien ORTOLA- REA/ Lège-Cap-Ferret le 24 juillet
A la veille de la présentation aux syndicats de sapeurs-pompiers du projet de loi de modernisation de la sécurité civile, la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) annonce la couleur : "si les réponses ne sont pas à la hauteur de l’engagement des sapeurs-pompiers, il faudra en tirer toutes les conséquences", prévient-elle, alors qu’une intersyndicale de neuf syndicats a déposé un préavis de grève du 8 septembre au 20 octobre (lire notre article). "Une loi de modernisation ne peut pas se contenter de moderniser les mots. Elle doit changer la réalité", souligne la fédération, dans un communiqué du 7 septembre, alors que ce texte issu de la vaste concertation du "Beauvau de la sécurité civile" a fait naître beaucoup d’attentes. Surtout après un été particulièrement éprouvant pour les sapeurs-pompiers mobilisés par des incendies d’une ampleur exceptionnelle. "Alors que les tensions sont déjà fortes dans les casernes, un rendez-vous manqué ne les apaiserait pas. Il pourrait au contraire renforcer la mobilisation de toute la communauté des sapeurs-pompiers", estime-t-elle. Mi-août, les syndicats réunis en intersyndicale ont déjà annoncé un journée de mobilisation le 29 septembre. Ils tiendront une conférence de presse ce mardi.
"Un texte sans avancées structurelles serait incompréhensible"
Le Beauvau lancé en avril 2024 avait conclu à un système à "bout de souffle". Présenté en septembre 2025 (lire notre article), le rapport de synthèse proposait la mise en place de nouvelles ressources (élargissement de l’assiette de la TSCA, reconnaissance de la "valeur du sauvé", voire taxe départementale additionnelle à la taxe de séjour…). Autre idée avancée : un contrat territorial du secours d'urgence à l'échelle départementale, salué par les sapeurs-pompiers mais très décrié par les urgentistes (lire notre article).
Les revendications des sapeurs-pompiers (composés de 44.300 pompiers professionnels et 200.900 volontaires) ne se résument pas aux financements des services d’incendie et de secours (qui devrait plutôt figurer dans le projet de loi de finances). Ils attendent aussi "des moyens humains et matériels à la hauteur des risques", "une véritable ambition pour le volontariat, la protection et la reconnaissance des personnels" et "une organisation de la sécurité civile capable d'affronter les crises de demain", résume la FNSPF pour qui "un texte sans avancées structurelles serait incompréhensible".
La présentation du projet de loi de modernisation de la sécurité civile, se surajoutant aux textes budgétaires, pourrait avoir raison d'un autre texte porté par le ministère de l'Intérieur : celui sur les polices municipales, issu du "Beauvau" du même nom. Sur l'étagère de l'Assemblée depuis quatre mois, sa date d'examen n'a toujours pas été révélée.