Réforme du complément mode de garde : "beaucoup trop de perdants" pour l'Unaf qui demande des mesures correctives

"Un mauvais départ, à corriger d'urgence." Pour l’Union nationale des associations familiales (Unaf), la réforme du complément mode de garde (CMG) emploi direct, entrée en application le 1er septembre 2025, est loin de remplir ses objectifs. Cette réforme "devait faire 43% de perdants. Pour l’Unaf, c’était déjà beaucoup trop ! En fait, l’Observatoire national de la petite enfance [Onape] 2025 en identifie 55%", déplore l'Unaf dans un communiqué du 31 mars 2026. 

Dans son rapport 2025 de l'Onape (voir notre article), la Cnaf consacre en effet sept pages à l'analyse des effets de cette réforme. En synthèse, parmi les allocataires concernés : 46% sont considérés comme "gagnants", dont 8% d'"entrants gagnants théoriques" (qui n'ont pas connu le système précédent), 16% sont "bénéficiaires du complément transitoire", 27% sont des "perdants non éligibles au complément transitoire" et 12% sont des "entrants perdants théoriques" – soit effectivement 55% de "perdants" au nouveau système si l'on intègre ceux qui bénéficient d'une compensation transitoire. 

"Cette réforme fait une minorité de gagnants réels, et beaucoup trop de perdants, pour des montants parfois supérieurs à 150 € par mois", souligne l'Unaf. "La réforme devait soutenir les familles à 'revenus modestes'", or l'Union estime que "la grande majorité de ces perdants appartient aux classes moyennes ou modestes" dont "beaucoup de familles monoparentales". 

Sur la base d'une enquête à laquelle près de 1.800 parents ont répondu, l'Unaf documente l'impact de la réforme pour des familles "perdantes" aux profils différents : "des couples biactifs faisant garder leur enfant à temps plein, principalement issus de la classe moyenne", "des parents qui ne recourent pas à un temps plein d’accueil de leur enfant", "des couples qui travaillent et qui perdent totalement le bénéfice du CMG". Une partie non-négligeable des parents interrogés (35%) déclarent avoir "dû modifier leur organisation professionnelle du fait de l’augmentation de leur reste à charge", avec parfois des réductions de temps de travail. "Plus d’un quart des parents perdants témoignent renoncer ou reporter leur projet de naissance ou d’accueil d’un deuxième ou troisième enfant", ajoute l'Unaf. 

Dans un contexte où "le coût de l’accueil des jeunes enfants ne cesse de croître", l'Unaf formule plusieurs propositions pour "corriger les effets de cette réforme", dont l'instauration d'un "plafond pour le montant restant à la charge des parents, quel que soit le mode d’accueil choisi".

 

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