RFVE : la baisse démographique est "utilisée pour diminuer les moyens de l'école publique", estime la nouvelle présidente

Le Réseau français des villes éducatrices (RFVE), qui regroupe 109 villes, a renouvelé son bureau lors de son assemblée générale du 3 juin 2026 à l'Hôtel de Ville de Paris. Stéphanie Léger, adjointe "éducation et droits des enfants" au maire écologiste de Lyon, en prend la présidence, succédant à Émilie Kuchel. La vice-présidence revient à Gaëlle Rougier, adjointe à la mairie de Rennes. Complètent le bureau : Pascaline Lécorché (Marseille), Sonia Tron (Villeurbanne), Sandrine Le Gouic (Schiltigheim), Céline Madrolles (Bourges), Franck Gagnaire (Tours) et Franck Lehenoff (Dijon).

Dans un contexte de "fragmentation de la société" et face à un "déterminisme social qui bloque les aspirations d'avenir", la nouvelle présidente a réaffirmé que l'éducation "doit être au cœur de notre vie démocratique, notamment parce qu'elle est un vecteur de cohésion sociale". Elle défend une approche globale - "une vision à 360 degrés de l'enfant" - couvrant tous les temps de l'enfant (scolaire, périscolaire, extrascolaire) de 0 à 25 ans, portée non seulement par l'Éducation nationale mais par l'ensemble des professionnels des collectivités : animateurs, agents de restauration ou d'entretien, qui "côtoient les enfants et ont un rôle éducatif à tenir". "La ville ne peut rien seule, l'éducation est par nature partagée", a-t-elle insisté. La nouvelle présidente rappelle que les villes ont une responsabilité particulière concernant "la maintenance des écoles",  "l'affectation de bons moyens" et de "formation des professionnels". "Il est indispensable que la formation soit portée par le RFVE sur tous les sujets, et notamment sur la question des violences faites aux enfants", a t-elle souligné au lendemain de l'adoption de la proposition de loi à l'Assemblée nationale visant à lutter contre les violences en milieu scolaire (notre article du 2 juin 2026). 

Stéphanie Léger juge que le phénomène de la baisse démographique scolaire est "politisé" : "On l'utilise pour diminuer les moyens de l'école publique, c'est-à-dire pour supprimer des postes d'enseignants, alors que les besoins n'ont jamais été aussi criants." Elle plaide au contraire pour réduire la taille des classes afin de mieux accueillir les enfants en situation de handicap, allophones ou à besoins spécifiques. Gaëlle Rougier a illustré le propos avec l'exemple de Rennes, ville à démographie scolaire "plutôt positive" qui subit pourtant des non-ouvertures de classes et voit des classes dédoublées remonter progressivement à 17 élèves, "ce qui n'a plus de sens".

Autre fil rouge de la journée : la montée en puissance des droits "des enfants" dans les délégations municipales. Plus de 70 collectivités avaient déjà intégré cette dimension avant les dernières élections municipales. Marseille a ainsi lancé un plan de lutte contre les violences faites aux enfants, tandis que plusieurs élues ont rappelé que l'enfant doit être considéré comme "un citoyen de la cité", et non comme "un citoyen en devenir". Le réseau entend également défendre l'éducation populaire, "mise à mal et en danger", et se prépare à une possible "phase de résistance" à l'approche de la prochaine élection présidentielle.

 

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