Sécheresse : des coûts supérieurs à celle de 2022, selon Monique Barbut
La sécheresse "historique" à laquelle est confrontée la France se traduira par des coûts supérieurs aux 5,6 milliards d'euros estimés pour celle de 2022, a déclaré ce 27 juillet la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
© Mairie de Sadirac
Les craintes exprimées mi-juillet par Monique Barbut sur l'ampleur "exceptionnelle" de la sécheresse que connaît la France (lire notre article) se confirment. "Cette situation a un impact économique réel, a alerté ce 27 juillet la ministre de la Transition écologique en ouverture d'un Comité d'anticipation et de suivi hydrologique au ministère. Pour la sécheresse de 2022, ce coût avait été évalué à 5,6 milliards d'euros, dont 3,5 milliards pour les seules fissures des maisons individuelles liées au retrait-gonflement d'argile, 1,1 milliard de pertes de production agricole et une production hydroélectrique en recul de 20%", a-t-elle rappelé. "Cette année, ces chiffres seront supérieurs à ce qu'ils étaient en 2022", a-t-elle ajouté. Ce à quoi il faudra ajouter les coûts liés aux feux de forêt en cours.
"Aujourd'hui plusieurs indicateurs montrent des niveaux comparables à ceux de la sécheresse historique de 1976 ou à celle de 2022" et la nouvelle vague de chaleur annoncée cette semaine "va encore accentuer cette sécheresse déjà historique", a prédit la ministre.
62 départements en "crise"
La France compte actuellement 99 départements concernés par une mise sous surveillance pouvant faire l'objet de restrictions à l'usage de l'eau, dont 62 considérés comme en "crise", ce qui n'a pas empêché la Coordination rurale (CR), deuxième syndicat agricole, d'appeler les exploitants, la semaine dernière, à ne pas respecter les interdictions et restrictions d'irrigation prises face à la sécheresse, au grand dam de France Nature Environnement (FNE) qui a réclamé dans un communiqué "une réaction ferme des ministres et une application immédiate et concrète de l’instruction du 3 juillet 2026, dans l’ensemble des départements", et "des contrôles des respects des arrêtés sécheresse dans les territoires".
"Respecter les mesures de restriction n'est pas un choix, c'est un devoir, a répliqué la ministre. Si j'ai conscience des difficultés auxquels les agriculteurs font face, il n'est pas acceptable que les règles soient enfreintes." "L'alimentation en eau potable est sous tension dans plusieurs territoires, plus précisément sur 47 départements français", a ajouté Monique Barbut, précisant que des "coupures d'eau au robinet" touchaient d'ores et déjà "plus de 30.000 personnes sur 80 communes". Ces communes sont par conséquent approvisionnées en eau potable "par des camions-citernes ou grâce à des bouteilles d'eau", a-t-elle précisé.
Du fait de la sécheresse, "il y a quelques situations dans le Doubs, le Jura, et le centre du Massif central (Allier, Puy-de-Dôme, Limousin) où il n'y a pas d'eau à mettre dans les tuyaux", a déclaré à l'AFP Régis Taisne, chef du département cycle de l'eau à la FNCCR, fédération de collectivités représentant, pour la gestion de l'eau, plus de 51 millions d'habitants en France. Le phénomène touche pour l'instant essentiellement "des secteurs plus ruraux et plus isolés", a-t-il précisé.