Semaine bleue 2026 : des actions partout en France pour "relier les âges" et promouvoir la place des personnes âgées
Les actions intergénérationnelles contribuent à lutter contre l'isolement des personnes âgées et sont nécessaires pour accompagner la transition démographique et "éviter un conflit de générations". C'est le message porté par les organisateurs de la Semaine bleue, qui donnera lieu à des événements partout en France du 5 au 11 octobre 2026.
© @semainebleue/ Daniel Goldberg et Roselyne Bachelot
"Relions tous les âges dans des territoires engagés !" C'est le mot d'ordre de la Semaine bleue 2026, qui a été lancée ce 24 septembre 2026 par une conférence de presse et l'attribution de prix. Du 5 au 11 octobre 2026, "des milliers d'événements" seront organisés en France, dont quelque 1.000 sont recensés sur le site de la Semaine bleue. Ces actions porteront sur la mémoire, l'engagement des seniors, la rencontre festive ou culturelle entre jeunes et plus âgés, l'activité physique, l'alimentation ou encore la sécurité routière.
Coordonné par l'Uniopss, la démarche est organisée par un comité national fédérant une vingtaine d'organisations – dont des caisses de retraite, des associations, des fondations, l'Union nationale des centres communaux d'action sociale, le ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées (1).
Lutter contre l'isolement social et l'âgisme
Créée au lendemain de la guerre pour attirer l'attention sur l'extrême pauvreté vécue par certains "vieillards", cette "journée" devenue "semaine" a évolué en même temps que la situation des personnes âgées, a expliqué Alain Villez, président du comité national de la Semaine bleue. "La lutte contre la misère, que connaissaient nombre de personnes âgées jusqu’à l’instauration du minimum vieillesse en 1954, a progressivement cédé la priorité à la nécessité de prévenir et de combattre un autre fléau : l’isolement social", peut-on lire dans le dossier de presse de la Semaine bleue.
La lutte contre l'isolement va de pair avec la nécessité d'un changement de regard sur les personnes âgées, selon les promoteurs de cette Semaine bleue. "Trop souvent présentés comme des nantis, les aînés issus du baby-boom de l’après-guerre refusent les représentations réductrices dont ils peuvent faire l’objet et expriment leur volonté de participer pleinement à la vie sociale, culturelle et citoyenne de leur territoire", soulignent-ils. Un sujet qui touche particulièrement l'ancienne ministre Roselyne Bachelot, marraine de cette édition 2026, qui déplore la diffusion sur les réseaux sociaux du slogan "Ok boomer" et autres "attaques" ciblant l'âge. "La participation des personnes âgées au débat, avec ce que cela représente d'histoire, d'expérience, est absolument indispensable", a-t-elle affirmé lors de la conférence de presse.
L’"intergénérationnalité" doit être un "pilier de l’accompagnement du vieillissement"
Lors de l'édition 2025, l'accent avait ainsi été mis sur cet enjeu de l'"âgisme" (voir notre article). Cette année, pour la 75e édition de la Semaine bleue, les liens intergénérationnels sont à l'honneur. L'enjeu, pour le président de l'Uniopss, Daniel Goldberg, est d'"éviter un conflit de générations entre celles et ceux qui atteindront le grand âge dans la décennie 2030 et les plus jeunes". En outre, "l’intergénérationnalité est, à bien des égards, l’un des piliers qui permettra de soutenir l’accompagnement du vieillissement et de la perte d’autonomie", soutient l'Uniopss dans une enquête flash qui a été conduite à l'occasion de la Semaine bleue auprès de 30 acteurs du grand âge (services à domicile, Ehpad, résidences autonomie, habitat inclusif, accueil de jour…).
Cette enquête met en lumière différentes initiatives visant à organiser des activités partagées et susciter des échanges, à permettre également la "cohabitation intergénérationnelle" – telle que la porte le réseau Cohabilis –, les lieux et démarches encourageant l'expression des résidents, mais aussi les actions destinées à la prévention de la perte d'autonomie et au soutien aux aidants. "Ces quelques exemples ne sont sans doute pas à la hauteur de la révolution démographique" en cours, selon Daniel Goldberg, qui appelle à donner des moyens aux acteurs du grand âge, dans tous les territoires, pour que de telles initiatives se diffusent. Avant les moyens, le premier frein au développement de ces actions est toutefois le manque de personnel et l'instabilité des équipes.
Les membres du comité national de la Semaine bleue sont l'Uniopss, Agirc-Arrco, la Cnav, la Mutualité sociale agricole (MSA), les Petits Frères des pauvres, la Fondation de France, l'Union nationale des centres communaux d'action sociale (Unccas), le ministère de la Santé, des Familles, de l'Autonomie et des Personnes handicapées, la Fondation Médéric Alzheimer, le Haut Conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge (HCFEA), le Service civique solidarité seniors, l'Union nationale des associations familiales (Unaf), le Secours populaire français, le Réseau francophone villes amies des aînés, AGIRabcd, CFDT retraités, le Mouvement chrétien des retraités (MCR).