Un collectif propose que la création d'une délégation aux droits des enfants soit obligatoire dans chaque commune

Mercredi 11 mars 2026, à quatre jours du 1er tour des élections municipales de 2026, un collectif de 55 associations a tenu au siège de l'AMF sa première conférence de presse afin de remettre en avant son initiative visant à instaurer obligatoirement - et non plus optionnellement - une délégation municipale dédiée aux droits des enfants dans chaque commune. 200 candidats aux municipales avaient déjà cosigné la charte. 

C'est au siège de l'Association des maires de France (AMF) à Paris que la première conférence de presse du collectif d'associations en faveur de la mise en place d'une délégation aux droits des enfants dans chaque commune s'est tenue mercredi 11 mars 2026. "Un lieu symbolique" à l'approche des élections municipales, a souligné Arnaud Gallais du collectif Mouv'Enfants.

Identifier un élu spécifiquement chargé de l'enfance

55 associations  - dont la Fabrique des communs pédagogiques, Mouv'Enfant, le RFVE, la FCPE ou l'Unicef France - engagées dans la promotion et la protection des droits de l'enfant ont détaillé cette proposition commune : créer dans chaque municipalité une délégation aux droits des enfants. Les associations souhaitent que cette fonction devienne une obligation après les élections de 2026, et non plus une simple option. "Cela ne devrait pas être un slogan de campagne mais une obligation politique", a déclaré Arnaud Gallais. Selon le site du collectif, 200 candidats aux municipales s'étaient déjà engagés dans ce sens. Portée par l'ancienne députée écologiste Francesca Pasquini, la proposition de ce collectif est d'encourager les communes à identifier un élu spécifiquement chargé de ces questions et à structurer une politique municipale cohérente en faveur des plus jeunes. Les 14 millions d'enfants que compte la France "ont droit à une délégation dédiée et à une participation active dans l’administration des villes", a déclaré Francesca Pasquini. 

L'initiative déjà annoncée en janvier 2026 (notre article du 16 janvier 2026) vient enfoncer le clou pour placer les questions liées à l'enfance au cœur du débat local alors que les scandales liés aux violences sexuelles commises sur les enfants dans le périscolaire n'en finissent pas de retentir à Paris (notre article du 1er décembre 2025) et qu'une proposition de loi visant à permettre la tenue d'une enquête administrative de tous les personnels d'encadrement des enfants vient d'être déposée (notre article du 9 mars 2026).  

"Aujourd'hui l'enfance est traitée en silo" 

Au cœur de la démarche figure l'idée que les enfants doivent être considérés comme des citoyens à part entière dans la vie publique locale. "Les enfants ne sont pas les citoyens de demain, ils sont des citoyens d'aujourd'hui", a rappelé Francesca Pasquini qui estime que "leurs droits sont trop souvent dissous au sein des différentes directions".  "Aujourd'hui l'enfance est traitée en silo. Il faut une stratégie globale de l'enfance", a également estimé Florine Pruchon, responsable plaidoyer et de SOS Villages d'Enfants

Au-delà de la participation citoyenne, les associations ont également plaidé pour une "ville à hauteur d'enfant" qui suppose de revisiter de nombreux champs de l'action municipale : aménagement urbain, mobilités, santé, éducation ou encore espaces publics (notre article du4 février 2026) . 

Former tous les professionnels de la municipalité qui travaillent avec les enfants 

Les associations souhaitent également structurer des actions concrètes afin de mieux prendre en compte la parole des enfants, lutter contre les inégalités qui les touchent et prévenir les violences.  La conférence de presse a été l'occasion de donner à voir l'ampleur des violences subies par les enfants. Suzanne Frugier, secrétaire générale de Mouv'Enfants a mentionné les statistiques accablantes concernant l'inceste selon lesquelles 1 Français sur 10 serait victime d’inceste ainsi que 3 enfants dans une classe de 30 élèves. Un phénomène qui concerne toutes les classes sociales. Comment repérer les signaux faibles, détecter à travers une parole, une attitude, un dessin etc., les premiers signes d'une agression ?  Selon la professionnelle, cela ne s'improvise pas : il faut former tous les professionnels de la municipalité qui travaillent avec les enfants.  Aude Doumenge de l'association "Face à l'inceste" souligne également que seuls 5% des parents portent plainte lorsque leur enfant révèle un inceste, et appelle à renforcer la prévention, le repérage et l'accompagnement des victimes.  

1 enfant sur 5 vit sous le seuil de pauvreté

Autre fléau en France, 1 enfant sur 5 vit sous le seuil de pauvreté, soit près de trois millions d'enfants. Ces statistiques ont été énoncées par Nicolas Marandon, le secrétaire général adjoint de l'Unicef France. Les chiffres encore plus saisissants quand on zoome sur Mayotte, où 8 enfants sur 10 vivent dans la pauvreté. Nicolas Marandon a également rappelé que 17% des enfants vivent dans un logement surpeuplé et 32.000 enfants seraient sans abri ou hébergés à l'hôtel avant d'énoncer cette triste réalité  : "l'année dernière, 2.159 enfants sont restés sans solution après avoir appelé le 115".  

À travers cette initiative nationale, le collectif espère encore toucher un maximum d'élus ou futurs élus et les inciter à cosigner le manifeste afin de leur faire inscrire la question des droits de l'enfant parmi les priorités des futurs programmes municipaux.

 

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