Un tiers des Français peinent à payer leurs factures d'énergie, selon le baromètre 2026 du médiateur
Selon le 20ᵉ baromètre énergie-info du médiateur national de l’énergie publié ce 3 novembre, 86% des foyers interrogés en septembre estiment que leurs factures d’énergie pèsent lourdement dans leur budget, un niveau record depuis 2007, et 34% déclarent avoir rencontré des difficultés à payer certaines factures d’électricité ou de gaz, contre 18% en 2020.
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La 20e édition du baromètre énergie-info du médiateur national de l’énergie publiée ce 3 novembre dresse un tableau sombre des préoccupations des ménages en matière de dépenses d'énergie. Ainsi, 86% des ménages interrogés en septembre estiment que leurs factures d'énergie pèsent lourdement sur leur budget, "une proportion stable par rapport à 2025, mais à son plus haut niveau depuis 2007". Une pression financière qui se traduit dans le quotidien, 34% des foyers interrogés déclarant avoir rencontré des difficultés à payer certaines factures d'électricité ou de gaz, contre 18% en 2020. La proportion monte même à 55% chez les moins de 35 ans, qui "sont particulièrement touchés par la précarité énergétique".
"Sobriété énergétique subie"
"Face au poids des factures, les ménages vivent davantage une sobriété énergétique subie que choisie et en sont de plus en plus impactés dans leur confort de vie. En période hivernale, 72% d'entre eux déclarent avoir limité le chauffage de leur logement pour éviter des factures trop élevées", contre 53% en 2020, détaille le baromètre. Et plus du tiers des foyers a déclaré avoir souffert du froid dans leur logement pendant au moins 24 heures. Mais ces derniers mois, avec les canicules à répétition de l'été 2026, c'est la chaleur qui a été un problème, dans plus de deux tiers des foyers interrogés. "Au total, 28% des foyers ont souffert à la fois du froid en hiver et de la chaleur en été, une proportion qui atteint 46% chez les bénéficiaires du chèque énergie", soit les ménages les plus modestes, souligne le rapport du médiateur.
Freins à la transition énergétique
Si les consommateurs sont nombreux à adapter leurs comportements pour réduire leur consommation d’énergie, et majoritairement favorables à l’électrification des usages (60% y voient une opportunité économique et environnementale), le coût des équipements ou des investissements freine le passage à des solutions moins carbonées ou plus efficaces, note le baromètre. "Le coût des dépenses initiales constitue le principal obstacle à l’électrification des usages, cité par 53% des répondants concernés, qui n’envisagent d’électrifier aucun équipement", indique-t-il. Les intentions d’investissement ont aussi tendance à se réduire : 18% envisagent des travaux d’isolation de leur logement en 2026, contre 21% en 2025, et 14% des propriétaires prévoient d’installer des panneaux solaires, soit 4 points de moins qu’en 2025.
Besoin d'accompagner les plus modestes, selon la directrice générale du médiateur national de l'énergie
"Ce baromètre rappelle que, pour de nombreux ménages, l'énergie reste une source d'inquiétude financière et que la précarité énergétique se manifeste désormais en hiver comme en été. La transition énergétique doit permettre à chacun de mieux maîtriser sa consommation et ses dépenses", a commenté Bernard Doroszczuk, médiateur national de l'énergie, cité dans un communiqué. "Depuis deux ans, (...) on est à un plateau avec ces taux de privation, de difficultés de paiement qui sont extrêmement élevés. Les prix de l'énergie ont considérablement augmenté depuis 2020", a indiqué Frédérique Fériaud, directrice générale du médiateur national de l'énergie, sur RTL. "Les consommateurs, et en particulier les plus précaires, ont de plus en plus de difficultés à régler ces factures d'énergie qui pèsent lourd dans leur budget", a-t-elle ajouté. Frédérique Fériaud insiste sur la nécessité d'"accompagner" les foyers "les plus modestes" dans la transition énergétique, pour éviter que celle-ci ne se fasse "à deux vitesses, avec d'un côté ceux qui ont les moyens d'investir et de sortir des énergies fossiles, et puis les autres".