Urgences : Stéphanie Rist veut développer le filtrage par le 15

Présentée ce 5 juin 2026, la nouvelle stratégie gouvernementale vise à réduire de moitié – soit de 4 millions – le nombre de "passage évitables" aux urgences. 

Près de 20 millions de patients sont pris en charge chaque année par les urgences, un chiffre qui s'est stabilisé ces dernières années mais qui est encore trop élevé. Ces services connaissent "chaque été et chaque hiver de fortes tensions pouvant conduire à des fermetures sèches temporaires. On ne peut pas s’y résoudre", a déclaré la ministre de la Santé le 5 juin 2026 devant les médecins urgentistes réunis en congrès.

Stéphanie Rist fixe donc l'objectif de réduire de moitié le volume de passages aux urgences considérés comme "évitables" (estimé à 30 à 40% du total), soit 4 millions de passages en moins. Pour y parvenir, elle annonce une extension de la régulation par le 15 de l'accès aux urgences, dispositif jugé efficace après de premières expérimentations. "Dès l’automne prochain, une centaine d’établissements identifiés avec les agences régionales de santé mettront en place des dispositifs de régulation afin d’anticiper les tensions hivernales", a-t-elle indiqué, précisant que les organisations qui feront leurs preuves pourront être pérennisées. Les modalités du filtrage - 24 heures sur 24, ou bien seulement en nuit ou week-end - seront décidées localement, a précisé la ministre lors d'un point de presse.

Autre levier : la réorientation à l'entrée des urgences, que Stéphanie Rist souhaite progressivement généraliser. Il s'agit de "proposer, lorsqu’elle est médicalement pertinente, une prise en charge rapide en ville plutôt qu’un passage prolongé aux urgences", selon le communiqué du ministère.

Parallèlement, le gouvernement poursuit la structuration du service d'accès aux soins (SAS), qui mobilise actuellement 12.000 professionnels de santé sur l'ensemble du territoire. La ministre de la Santé souhaite que les docteurs juniors, qui seront déployés dans les territoires à l'automne 2026, soient "formés à la régulation médicale durant leur cursus et participer à la régulation ambulatoire". Elle évoque également un encadrement plus poussé des centres de soins non programmés, pour une meilleure articulation avec les urgences – certains centres ayant pu "déstabiliser l’offre de soins en attirant des médecins urgentistes ou des médecins généralistes traitants".

Le gouvernement lancera par ailleurs une campagne de communication autour du slogan "Les urgences, c'est pas une évidence !" Et s'attaquera également au "grand chantier" de l'aval des urgences, sur la base d'un rapport qui sera prochainement remis à la ministre. 

Cette dernière s'est enfin voulue rassurante concernant le projet de contrat territorial de secours d’urgence issu du Beauvau de la sécurité (voir notre article). "Je n’accepterai aucune remise en cause du périmètre de l’aide médicale urgente, socle de la qualité et de la sécurité de la prise en charge des patients", a-t-elle affirmé, tout en appelant à "relancer les discussions locales" et à avancer avec pragmatisme vers "une plus grande interopérabilité".  

 

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