Vers une hausse moyenne de 2,5% des factures d'électricité au 1er août
Le gouvernement a donné son feu vert jeudi à une augmentation moyenne de 2,5% des tarifs réglementés de l'électricité au 1er août 2026 pour près de 20 millions de foyers, alors qu'il prévoyait fin 2025 des factures "stables au moins en 2026 et en 2027".
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Le gouvernement a annoncé ce 16 juillet sa décision de suivre l'avis de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) publié le même jour recommandant une hausse moyenne de 2,5% des tarifs réglementés de vente l'électricité (TRVE) au 1er août 2026. Pour ces tarifs, qui s'opposent à ceux de marché, proposés par de nombreux fournisseurs depuis l'ouverture à la concurrence du secteur, la hausse prévue se traduirait par une augmentation de la facture annuelle d'environ 26 euros TTC en moyenne. Quelque 19,37 millions de foyers disposent de ce type de contrat, selon des chiffres de la CRE arrêtés à fin mars et concernant la France métropolitaine continentale.
L'augmentation "doit notamment permettre d'investir dans le maintien de capacités de production pour la saison hivernale et l'entretien de nos réseaux publics d'électricité", a justifié le ministère chargé de l'Energie, soulignant que les épisodes de chaleur extrême ces dernières semaines en avaient souligné "l'importance".
Volte-face gouvernementale
Fin 2025, le même gouvernement assurait pourtant que la nouvelle organisation du marché de l'électricité en France, avec la fin de l'encadrement des prix de la production nucléaire d'EDF (dispositif tarifaire régulé dit Arenh) serait indolore pour les Français. Bercy affirmait ainsi fin 2025 à l'AFP que "les prix des factures devraient être stables au moins en 2026 et en 2027" pour les trois quarts des Français, ceux ayant souscrit au tarif réglementé de vente de l'électricité.
En janvier encore, alors que la CRE avait proposé une baisse de 0,8% des TRVE à partir de début février, le ministre de l'Economie Roland Lescure assurait que la volonté du gouvernement était "d'amorcer une trajectoire de baisse durable pour accélérer encore davantage l'électrification des usages".
Jeudi, la CRE a justifié notamment sa proposition par l'augmentation du tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité (TURPE), une des trois composantes des tarifs réglementés, les deux autres étant l'approvisionnement en électricité et les taxes.
L'évolution du niveau moyen des tarifs réglementés par rapport à ceux aujourd'hui en vigueur devrait être en moyenne "de l'ordre de +5,98 euros" par megawatt/heure, toutes taxes comprises. Pour une consommation moyenne de 4,5 MWh par an, la moyenne en France, la facture passerait de 1.046 à 1.072 euros TTC.
Une hausse qui "épouse" l'inflation
Le ministère de l'Energie a précisé jeudi soir que "cette hausse épouse par ailleurs l'inflation en France en hausse, à 2,4% sur un an en mai selon l'Insee", et que "dans le même temps, le prix moyen repère de vente du gaz TTC a augmenté de 21%" depuis février en raison de la guerre au Moyen-Orient.
Alors que le gouvernement a lancé il y a trois mois son plan censé pousser à davantage de consommation d'électricité, le ministère assure en outre qu'il "n'a jamais été aussi avantageux de passer à l'électrique en France", où les tarifs "restent très nettement inférieurs à la moyenne de l'Union européenne". Pour rappel, ce plan d'électrification comprend 22 mesures annoncées en avril, parmi lesquelles une nouvelle vague de leasing social pour des véhicules électriques, qui s'est ouverte ce 16 juillet, et une offre clé en main pour l'installation de pompes à chaleur réversibles, qui produisent de la chaleur en hiver et du froid en été (voir notre article du jour).
Le "tarif agent" de l'énergie payé par les salariés d'EDF épinglé par la Cour des comptesLe "tarif agent", une réduction sur les prix d'électricité et de gaz accordée aux employés d'EDF, "représente un coût démesuré" pour EDF SA, maison mère du groupe, a jugé la Cour des comptes dans un rapport consacré à la gestion des ressources humaines de l'entreprise publique publié ce 17 juillet. Cet "avantage en nature énergie", qui concerne les salariés mais aussi les retraités des entreprises issues des opérateurs historiques EDF et GDF (dont Engie, Enedis, GRDF, etc.) et d'autres entreprises, dont des distributeurs locaux d'énergie, consiste en une large remise sur la facture, modulée en fonction de la composition du foyer et du mode de chauffage, et soumise aux prélèvements sociaux (CSG et CRDS). Il s'est élevé à "plus de 700 millions d'euros en 2024 à l'échelle du groupe, obligeant également à la constitution de passifs sociaux au titre de son maintien après l'emploi (3,9 milliards d'euros à fin 2024). Il ne peut perdurer en l'état", estiment les Sages de la rue Cambon. Le gouvernement réfléchit déjà à rogner ce "tarif agent", indiquant avoir reçu "une mise en demeure de la Cour des comptes" de se "mettre en conformité sur la valorisation de cet écart (...) entre ce tarif et la valeur réelle de l'énergie", selon le ministère de l'Energie. Une "remise en cause", à laquelle les fédérations syndicales de l'énergie (CGT, CFE-CGC, CFDT, FO) ont demandé au Premier ministre "de renoncer", dans un courrier adressé cette semaine à Sébastien Lecornu. "À défaut, nous saurons nous mobiliser, avec l'ensemble des électriciens et gaziers, pour mettre fin à cette attaque de leur contrat social", ont prévenu les quatre fédérations. La question devrait être tranchée dans un arrêté ministériel. La Cour recommande de "réduire par étapes l'avantage énergie, en priorité en plafonnant les consommations prises en compte" et de "revaloriser le barème fiscal et social" de cet avantage "sur la base des moyennes annuelles des tarifs réglementés de vente de l'électricité et des tarifs repères du gaz, toutes taxes comprises". Elle affirme que ses bénéficiaires "acquittent désormais moins de 2% des tarifs moyens de l'électricité ou du gaz payés par les consommateurs". Au sujet du barème fiscal et social, l'entreprise "souhaite que les différentes parties prenantes puissent prendre le temps d'examiner les évolutions possibles et sera attentive aux choix qui seront retenus", rappelant que ses salariés "sont attachés" à cet avantage "qui fait partie du cadre social". "Je partage avec la Cour la nécessité d'examiner en priorité les mesures visant une meilleure maîtrise de la consommation dans le cadre de la politique de transition énergétique", a déclaré le ministre de l'Economie et des Finances, Roland Lescure, dans une réponse à ce rapport, prônant "un calendrier social adapté" pour cette réforme. |