Vincent Jeanbrun installe son dispositif de pilotage pour la relance du logement
Dans le prolongement du pacte signé fin janvier à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le ministre de la Ville et du Logement a réuni, mardi 7 avril, l’ensemble des acteurs du secteur pour le premier comité de suivi de son plan de relance. Entre objectifs chiffrés et simplification réglementaire, il s'agit toujours pour l’exécutif de dégripper un marché à la peine.
© Ministère de la Ville et du Logement/ Lancement du premier comité de suivi "Relance Logement" avec Vincent Jeanbrun
L’hôtel de Roquelaure était comble ce mardi 7 avril. Autour de Vincent Jeanbrun, les représentants d'Action Logement, de la Banque des Territoires, de l'Union sociale pour l’habitat ou encore de la Fédération française du bâtiment s'étaient donné rendez-vous pour acter une méthode de suivi rigoureuse du plan "Relance Logement". Lancé en janvier dernier aux côtés du Premier ministre, Sébastien Lecornu, ce plan vise un cap de 400.000 logements produits par an, soit 2 millions d’ici 2030 (voir notre article de janvier).
L'enjeu est de taille alors que le secteur traverse une zone de fortes turbulences. Entre fin 2024 et fin 2025, les mises en chantier ont en effet reculé de 22% par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Pour le ministre, la réponse ne peut être uniquement étatique. Devant les parties prenantes, il a rappelé la nécessité d’une responsabilité partagée : "Ce n'est pas le ministère du Logement qui construit les logements, mais bien vous, mesdames et messieurs membres de ce que j'appelle l'équipe de France du logement."
Un "choc de confiance" pour les investisseurs privés
Le plan mise largement sur le levier du secteur privé, avec un objectif de 50.000 nouveaux logements locatifs dès 2026. Pour y parvenir, le gouvernement déploie le dispositif fiscal Jeanbrun, fondé sur l'amortissement, censé prendre le relais du Pinel dont la fin avait freiné l’investissement (lire notre article).
"Le plan de relance du logement n’est pas simplement un dispositif financier, c’est une ambition bien plus large. Cela doit évidemment passer par ce que j'appelle le choc de confiance", a précisé Vincent Jeanbrun, insistant sur la nécessité pour les acteurs de retrouver l'envie d'investir dans la pierre. Comme nous l’évoquions dans notre édition du 26 mars, le ministre souhaite agir sur la perception du risque par les bailleurs, au moyen d’une mission sur la loi de 1989 pour sécuriser davantage l’investissement locatif.
Simplification et dérogations locales
Le gouvernement souhaite en outre généraliser les opérations d'intérêt local (OIL). Ce dispositif permettrait aux maires, en accord avec les préfets, de définir des zones urbaines bénéficiant de larges dérogations aux plans locaux d’urbanisme (PLU), notamment sur le stationnement ou l’accessibilité, en échange d'une servitude de résidence principale.
Vincent Jeanbrun plaide pour une accélération des procédures, notamment via des autorisations uniques, pour réduire les coûts de production dans un contexte de taux élevés. L'objectif est de faire en sorte de pouvoir "construire plus et plus vite, mais aussi moins cher dans un moment extrêmement contraint".
Rénovation et premiers indicateurs
Sur le front de la rénovation énergétique, le comité a abordé la reprise de la proposition de loi Gacquerre, qui vise à permettre la remise sur le marché de logements indécents dès lors que des travaux sont votés en assemblée générale de copropriété (voir notre article d'avril 2025). Pour le parc social, un dispositif "seconde vie light" est envisagé pour financer la rénovation lourde des patrimoines amortis via une refonte des loyers pour les nouveaux entrants.
Les premiers chiffres présentés lors du comité montrent un frémissement : environ 62.000 logements ont été autorisés sur les deux premiers mois de 2026, contre 56.000 sur la même période en 2025. Le logement social reste toutefois sous surveillance avec 27.759 financements engagés au premier trimestre 2026, un chiffre en légère baisse par rapport à l'année précédente.
Clôturant la séance, le ministre a réitéré sa volonté de maintenir un dialogue régulier avec son équipe de France du logement, laquelle devra s’atteler à transformer les objectifs chiffrés de l’exécutif en chantiers concrets, tout en assurant un pilotage transparent et une adaptation constante des mesures aux réalités du terrain. À cette fin, des indicateurs de suivi (nombre d’autorisations de construction de logements, de ventes de logements pour des investissements locatifs, de logements sociaux financés…) seront désormais rendus publics sur le site du gouvernement pour garantir la transparence de ce déploiement.