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ADN Tourisme demande le classement de la crise sanitaire en catastrophe naturelle

La nouvelle fédération représentant les offices de tourisme des collectivités, ADN Tourisme et la Confédération des acteurs du tourisme adressent un courrier commun à Jean-Baptiste Lemoyne pour "demander que l’État reconnaisse la crise sanitaire actuelle comme état de catastrophe naturelle" et pallier le fait que "'le monde de l’assurance est totalement absent de cet effort collectif". Par ailleurs, le secrétaire d'État en charge du tourisme a indiqué que l'État a déjà accordé au secteur 552 millions de prêts garantis.

Créé il y a moins d'un mois (voir notre article ci-dessous du 18 mars 2020), ADN Tourisme remplace et regroupe en une seule entité les trois grandes représentations des offices de tourisme des collectivités : Offices de tourisme de France (communes et EPCI), Tourisme & Territoires (départements) et Destination Régions. Alors que le tourisme traverse sans aucun doute la plus grave crise de son histoire hors périodes de guerre, la nouvelle organisation prend sa première position publique pour venir au secours du secteur. 

"Le monde de l'assurance est totalement absent"

Le 8 avril, ADN Tourisme et la Confédération des acteurs du tourisme (CAT) – qui regroupe les professionnels du secteur et est présidée par Roland Héguy, le patron de l'Umih (Union des métiers et industries de l'hôtellerie) – ont adressé un courrier à Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères, en charge du tourisme. Dans ce courrier, les deux organisations demandent "que l'État reconnaisse la crise sanitaire actuelle comme état de catastrophe naturelle", ce qui permettrait de déclencher divers mécanismes assurantiels. Elles entendent également relayer ainsi "la grande inquiétude des entreprises du secteur touristique, notamment les TPE et les PME, pour la majorité desquelles la crise se traduit par une perte de chiffre d'affaires de plus de 80%".

Au-delà des graves difficultés du secteur et des inquiétudes sur la saison d'été, la demande d'ADN Tourisme et de la CAT a en effet une origine bien précise : le "constat partagé, qu'alors que l'État et les collectivités territoriales lancent des plans de relance avec l'appui du secteur bancaire, pour préserver l'économie locale, le monde de l'assurance est totalement absent de cet effort collectif". Le mécontentement est particulièrement vif du côté des hôteliers et restaurateurs qui, dans un communiqué de l'Umih du 7 avril, "dénoncent encore et toujours le désengagement des acteurs de l'assurance et les appellent à être enfin responsables et solidaires". Selon une enquête réalisée par l'Umih du 1er au 6 avril auprès de ses adhérents, 98% de ces derniers "se voient refuser par les assureurs toute prise en charge, même partielle, de leurs pertes d'exploitation au titre de la crise actuelle. [...] Sont même refusés abusivement de prise en charge les professionnels détenant un contrat d'assurance intégrant la garantie 'perte d'exploitation' dont les exclusions sont trop larges donc en principe nulles, ou ceux incluant le risque épidémique".

Déjà 552 millions de prêts garantis par l'État

Même si le gouvernement n'a pas répondu, pour l'instant, au courrier d'ADN Tourisme et du CAT, le sujet n'en est pas moins pris très au sérieux. Lors de son audition par la commission des affaires économiques du Sénat, le 6 avril, Bruno Le Maire a ainsi exprimé le souhait qu'"on puisse aboutir rapidement sur la définition d'un dispositif de catastrophe sanitaire qui puisse être couvert par les assureurs". Mais le ministre de l'Économie et des Finances a bien pris soin de préciser qu'une telle mesure "ne pourra s'appliquer qu'à l'avenir et pas au passé".

En attendant, Jean-Baptiste Lemoyne a indiqué, lors de la dernière réunion par téléconférence du comité de filière, le montant des prêts garantis par l'État accordés au secteur du tourisme depuis le début de la crise sanitaire. Il s'élève à ce jour à 552 millions d'euros, ce qui correspond à une moyenne de 140.000 euros par prêt accordé, le montant pouvant aller jusqu'à 25% du chiffre d'affaires antérieur. Ces 552 millions représentent environ 11,5% des dossiers déposés. Le secrétaire d'État a également donné des indications sur la répartitions géographique de ces prêts garantis aux entreprises du secteur du tourisme : 145 millions d'euros sont allés à l'Île-de-France, 69 millions à la Nouvelle-Aquitaine, 48 millions au Grand Est et 35 millions à la Région Sud (ex-Paca).

 

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