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Tourisme : année 2019 stable en Ile-de-France, recul des étrangers en France au 4e trimestre

Une activité touristique stable dans l'hexagone, grâce à une progression de la clientèle française, mais un certain recul de la fréquentation étrangère. C'est ce qui ressort de la publication simultanée du bilan 2019 par le CRT Paris-Ile-de-France (et des prévisions pour le début 2020) et des résultats nationaux de l'Insee sur la fréquentation touristique au 4e trimestre 2019. Mouvements sociaux, manifestations, pics de pollution… auront un peu freiné les résultats de 2019 mais sans réellement inquiéter le secteur. L'objectif national de 100 millions de touristes étrangers en 2020 est cependant d'ores et déjà impossible à tenir, et c'était sans compter sur le coronavirus...
 

Le comité régional du tourisme (CRT) Paris-Ile-de-France publie son bilan 2019 de l'activité touristique. Dans le même temps, l'Insee publie ses traditionnelles statistiques trimestrielles – France entière – sur la fréquentation touristique, portant sur les trois derniers mois de 2019. Le rapprochement de ces deux documents dresse un tableau mitigé de l'année écoulée, marquée par avant tout par la stabilité, mais avec quelques signaux inquiétants du côté des touristes étrangers. Un élément important, alors que l'objectif des 100 millions de touristes en 2020 est désormais officiellement abandonné (voir notre article ci-dessous du 28 octobre 2019).

Les locations touristiques meublées ont toujours le vent en poupe

Dans le bilan du CRT Paris-Ile-de-France, c'est effectivement la stabilité qui domine. Si la région capitale bat à nouveau son record de fréquentation avec 50,3 millions de touristes, c'est seulement d'une courte tête avec 200.000 visiteurs supplémentaires par rapport à 2018 (+0,4%). Quasi stabilité également en termes d'activité hôtelière, avec 35,4 millions d'arrivées hôtelières (-0,1%), mais les nuitées baissent de 0,7%, à 70,7 millions. Ces chiffres sont à rapprocher de la croissance mondiale des arrivées touristiques internationales, qui ont progressé l'an dernier de 3,8% pour atteindre 1,5 milliard. Le CRT explique que "pics de pollution, canicule, mouvements sociaux des gilets jaunes et manifestations contre la réforme des retraites auront sans doute freiné l'activité touristique, sans pour autant la mettre dans une situation critique" : 2019 reste en effet la deuxième meilleure année en termes d'arrivées hôtelières, après le record de 2018.

Par ailleurs, cette stabilité des arrivées hôtelières l'an dernier en Ile-de-France recouvre deux mouvements contradictoires : une forte baisse des clientèles internationales (-2,5%) pour partie compensée par une nette progression de la clientèle française (+2,2%). En termes de pays d'origine, la baisse des arrivées concerne surtout les touristes du Proche et Moyen-Orient (-15%), les Chinois (-8%) et les Britanniques (-12,5%).

En revanche, les meublés et les locations saisonnières franciliennes ont connu l'an dernier une forte progression des arrivées (+7,6%), pour atteindre un total de 10,6 millions de nuitées réservées. Du côté des musées et des sites, les résultats sont, comme toujours, contrastés, mais avec une fréquentation plutôt orientée à la baisse sur Paris. Le Louvre repasse sous la barre des 10 millions d'entrées (9,5 millions). Chiffres à la baisse également pour le Centre Pompidou (-7,5%), l'Arc de Triomphe (-4,3%), le musée du quai Branly (-11,8%) ou encore la fondation Louis Vuitton (-6,4%). La situation est en revanche meilleure pour les monuments et sites franciliens, qui progressent dans l'ensemble..

Recul généralisé de la clientèle étrangère

Dans sa note de conjoncture, l'Insee confirme, sur toute la France, le recul des touristes étrangers au 4e trimestre. Globalement – et après deux trimestres de hausse plus soutenue –, la fréquentation touristique progresse légèrement de 0,8% par rapport au dernier trimestre 2018 (pourtant déjà marqué par la crise des gilets jaunes). Comme au trimestre précédent, la croissance est tirée par la clientèle résidant en France (+2,7%), alors que la fréquentation des non-résidents est en retrait (?3,8%). Le contraste est plus marqué encore dans la fréquentation hôtelière, puisque la clientèle résidant en France est en nette hausse (+3,9%), alors que le tourisme des non-résidents connaît un fort recul (-4,7 %).

Ce sont principalement les hôtels haut de gamme (trois, quatre et cinq étoiles) qui tirent leur épingle du jeu. En termes géographiques, le recul de la fréquentation au quatrième trimestre touche l'Ile-de-France (-0,9%), avec à nouveau un recul très marqué de la clientèle étrangère (-4,9%), alors que l’activité progresse pour les résidents (+3,8%). A l'inverse, la fréquentation progresse dans les hôtels des espaces urbains de province (+1,8%), même si les nuitées des non-résidents – moins importantes qu'en Ile-de-France - diminuent très fortement (-7,3%). Enfin, l'Insee observe que "la progression est très forte dans les hôtels situés dans les massifs de ski, tant pour la clientèle résidente que non résidente", même si la part de ces massifs est minime dans la fréquentation touristique totale.

Précision évidente, mais qu'il importe néanmoins de rappeler à la lecture de tous ces chiffres : les périodes concernées se situent avant le déclenchement de la crise sanitaire du coronavirus...

 

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