Appels d'offres PPE 2 : la région Hauts-de-France affirme sa place de leader incontesté sur l'éolien, Paca reste en tête sur le photovoltaïque

L'état des lieux des appels d'offres de la deuxième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE 2) confirment la place de leader des Hauts-de-France sur l'éolien terrestre et de Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) sur le photovoltaïque, en dépit de la forte progression de la Nouvelle-Aquitaine sur cette filière. Au 30 juin dernier, plus de 80% des volumes prévus ont été instruits.

"Qu’est-ce qu’on a fait pour mériter cela ?", s'interrogeait en 2023 le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, à propos du déploiement de l'éolien terrestre dans sa région. Le dernier état des lieux, au 30 juin 2025, des appels d'offres de la deuxième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE2) que vient de publier la commission de régulation de l'énergie (CRE) ne devrait guère l'apaiser.

Hauts-de-France, leader incontesté sur l'éolien

L'étude indique en effet que cette région a connu la plus forte augmentation de puissance cumulée retenue (+ 0,6 GW) depuis le précédent rapport, qui faisait l'état de la situation à fin 2023. Avec 199 kWh/m2, elle compte une densité "plus de deux fois supérieure à la seconde région la plus dense", la région Grand Est. Laquelle, observe la CRE, reste une "région dynamique" pour cette filière "malgré un productible plus limité" que d'autres régions "à très fort potentiel", comme l'Occitanie, qui accueillent relativement peu de projets. Grand Est (+97%) et l'Occitanie (+88 %) ont toutefois connu les plus fortes progressions relatives en matière de puissance retenue sur la période (+65% à l'échelle nationale), Bourgogne-Franche-Comté (+37%) et Auvergne-Rhône-Alpes (+30%) enregistrant les progressions les moins fortes. Et si des projets éoliens ont été pour la première fois sélectionnés en Île-de-France (toujours à la peine sur les EnR), aucune installation n'a à ce stade été retenue en Provence-Alpes-Côte d'Azur (Paca) dans le cadre de ces appels d'offres PPE 2.

Et Paca sur le photovoltaïque 

La région Paca reste en revanche leader sur le photovoltaïque, avec la plus forte augmentation de puissance relative retenue sur la période (+104%, contre +81% à l'échelle nationale). Elle dispose toujours de la première densité de projets raccordés en termes de puissance, mais sa progression se fait ici plus faible (+11%) que la moyenne nationale (+27%). Une tendance que la CRE explique en partie par le manque de disponibilité foncière et, précisément, par la densité des installations existantes. 

En raison des bonus de points accordés aux projets d'installations sur des terrains dégradés (anciennes carrières, friches industrielles… lesquels constituent plus de la moitié des dossiers retenus de cette filière), les régions Grand Est et Centre-Val de Loire, qui comptent des "gisements importants" en la matière, font une percée notable, la seconde ayant connu la deuxième plus forte augmentation en matière de puissance cumulée retenue en absolu (+ 0,7 GWc*), derrière la Nouvelle-Aquitaine (+ 1 GWc), désormais première région en matière de puissance retenue. Pour cette dernière, la CRE estime que cette forte augmentation de puissance retenue peut s'expliquer en partie par l'augmentation du nombre de projets dits "agricoles". 

23 GW appelés sur 29 prévus

Au total, la CRE observe qu'"après un démarrage difficile au cœur de la crise énergétique, la majorité des appels d'offres a rempli ses objectifs de souscription à partir de 2023. À la fin 2025, elle estime que plus de 80% des volumes prévus par les sept appels d'offres de la PPE2 notifiés à la Commission (excluant ceux portant sur des installations photovoltaïques dans les zones non interconnectées et ceux sur les bâtiments et ombrières de puissance supérieure à 100 kWc et inférieure à 500 kWc) ont été instruits par ses services, soit 23 des 29 GW censés être appelés jusqu'à la fin 2026. 

Côté prix, elle constate qu'ils sont, depuis 2023, en baisse pour le photovoltaïque (logiquement au vu des précédentes conclusions de la CRE) et relativement stables pour l'éolien terrestre et ce, en dépit d'une baisse prononcée des dépenses d'investissement "pourtant majoritaires dans le coût des projets" de cette filière. Baisse néanmoins contrebalancée par le "maintien des taux d'emprunt à un niveau élevé" et "l'augmentation des coûts d'exploitation et des taxes". 

Au 30 juin 2025, l'ensemble des projets retenus dans le cadre de ces appels d'offres PPE devrait conduire à un montant total d'aides octroyées estimé à 5,7 milliards d'euros (au prix de 2025) étalé entre 2024 et 2047 (avec un scénario de prix de marché de 70 euros / MH, au prix de 2024, en 2030 et en tenant compte d'un taux de chute de 20%). 

* Gigawatt-crête, le watt-crête étant l'unité de mesure de la puissance d'un panneau photovoltaïque.

 

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