Assises nationales du logement : la Banque des Territoires détaille sa feuille de route dotée de 100 milliards d'ici 2030

Lors des Assises nationales du logement et de la ville, ce 23 juin au palais Brongniart, Kosta Kastrinidis, directeur adjoint de la Banque des Territoires, a détaillé la feuille de route Logement de la Caisse des Dépôts : 100 milliards d'euros mobilisés d'ici 2030 pour faire sortir de terre 650.000 logements abordables, déclinés en 60 actions, dont quinze structurantes.

Premier financeur du logement social et intermédiaire, "le groupe Caisse des Dépôts soutient un logement neuf sur deux au niveau national", a souligné Kosta Kastrinidis, directeur adjoint de la Banque des Territoires ce mardi 23 juin, lors des Assises nationales de la ville et du logement, organisées au palais Brongniart par BatiActu, avec le soutien du gouvernement et de la Commission européenne (voir aussi notre autre article de ce jour sur ces Assises).

En 2025, 70% des logements collectifs produits en France l'ont été par le monde HLM, un rôle d'"amortisseur de crise" qui permet à la France de rester le pays européen où l'on construit le plus, avec 270.000 logements l'an dernier. Un chiffre "très insuffisant au regard des besoins", qui a conduit la Banque des Territoires à concevoir une feuille de route "plus systémique", annoncée le 21 mai au Printemps des territoires (voir notre article).

Relancer l’offre

La relance de l'offre constitue le premier pilier. La Banque des Territoires entend d'abord soutenir les bailleurs sociaux, sa "colonne vertébrale historique", par un appui en haut de bilan - notamment des titres participatifs, qui seront détaillés au congrès HLM en septembre prochain à Bordeaux - pour leur redonner les fonds propres nécessaires à un investissement de "23 ou 24 milliards par an".

Le logement intermédiaire, qui a représenté "près d'un tiers des logements abordables produits en France" en 2024-2025, sera lui aussi soutenu, avec une nouveauté : l'investissement en capital, "qui parfois fait défaut pour pouvoir lancer les projets". Inflexion notable, l'établissement va également investir, aux côtés des collectivités et via les entreprises publiques locales (EPL) et sociétés d'économie mixte (SEM), sur le logement libre abordable, dans des territoires "en carence de solutions", en réindustrialisation comme détendus ou ruraux.

Sur l'accession, Kosta Kastrinidis met en avant la trajectoire du bail réel solidaire (BRS) : 200 logements financés en 2019, "plus de 4.000" l'an dernier, et une cible "d'à peu près 10.000 logements par an en vitesse de croisière". "La Banque des Territoires lancera par ailleurs début 2026 un appel à manifestation d'intérêt pour soutenir en capital les proptech qui inventent de nouveaux modes d'accession, dans la lignée de l'opération récemment montée avec Pro BTP", a également indiqué le DGA de la Banque des Territoires.

Portage foncier et urbanisme et de la transformation

Le second pilier, structurel, fixe "le cap de long terme". Il porte d'abord sur le foncier, dont la trajectoire a "créé une grande décorrélation" entre revenus des ménages et prix au mètre carré. L'enjeu : développer le portage foncier de long terme via des foncières, pour "passer d'une économie de la propriété à une économie des usages". Trois foncières ont déjà été créées ; l'ambition est d'en compter seize.

Deuxième chantier, le basculement "d'un urbanisme de l'étalement urbain vers un urbanisme de la transformation" : "quartiers de bureaux vacants, entrées de ville - une étude évalue à 1,6 million le potentiel de créations de logements à moyen terme par leur transformation", a indiqué Kosta Kastrinidis. Un modèle économique que la Banque des Territoires veut solvabiliser, notamment avec Action Logement. Sur l'habitat privé, elle prépare des solutions de remédiation des copropriétés dégradées, "un vrai poison pour beaucoup de territoires", via CDC Habitat.

Le logement au croisement de toutes les urgences 

Cette feuille de route répond, selon lui, à un "croisement des urgences" : climatique, démographique - l'Insee compte désormais "autant de personnes de plus de 60 ans que de jeunes de moins de 20 ans", et les plus de 65 ans approcheront "un tiers, voire 40% de la population" -, et technologique avec l'intelligence artificielle. Vieillissement et familles monoparentales imposent d'adapter un parc majoritairement composé de T4 et T5 à une demande de T1 et T2 : "Si on n'arrive pas à transformer l'existant, on n'arrivera pas par la construction neuve à faire face à ces besoins." D'où une boîte à outils nationale de 60 mesures, "mais avant tout territorialisée", déclinée avec chaque direction régionale.

Cette mobilisation s'inscrit dans la trajectoire fixée par le projet de loi Relance Logement, porté par Vincent Jeanbrun et devant être présenté le lendemain en conseil des ministres. Le texte ambitionne de porter la production à 400.000 logements par an ; la Banque des Territoires estime pouvoir contribuer à hauteur d'environ un tiers de cet effort. Kosta Kastrinidis y voit "un cap clair" qui "clôt des années de débats" et appelle à hisser le logement "au sommet des priorités" de la présidentielle de 2027. Son message à la filière : l'alliance du public et du privé a "su créer des innovations de rupture" - logement intermédiaire, BRS, urbanisme de la transformation, décarbonation. "Faisons en sorte que cette innovation nous permette d'être le premier pays européen à sortir de la crise", a-t-il conclu.

 

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