Banque de l'innovation sociale : "Donner à voir une France des territoires extrêmement dynamique"

Sous l'impulsion du CGET et de la Fonda, l'élaboration d'un moteur de recherche destiné à faire remonter toutes les innovations repérées sur les territoires impliquerait d'ores et déjà 60 partenaires.   

Une "banque de l'innovation sociale" devrait voir le jour d'ici la fin de l'année. Lauréate du deuxième appel à projets "Entrepreneurs d'intérêt général" du Programme d'investissement d'avenir (1), la démarche portée par le Commissariat général à l'égalité des territoires (CGET) et la Fonda aurait été également plébiscitée par le groupe de travail "innovation" de la Conférence nationale des territoires.
Le comité de pilotage devrait intégrer dès septembre d'autres partenaires, dont la Délégation interministérielle à l'économie sociale et solidaire (Diess) et l'Avise. Le projet mobilise déjà une soixantaine de partenaires et pourra bientôt s'appuyer sur quelque 150 organisations nationales et 80 structures locales, selon Emmanuel Dupont, Responsable de l'animation scientifique et stratégique au CGET, interrogé par Localtis

Fédérer "tout l'écosystème de l'innovation sociale"

"Tout l'écosystème de l'innovation sociale se met ensemble, c'est une démarche très collective", estime-t-il. Parmi les partenaires cités par le point d'étape publié par le CGET en avril dernier, on trouve des acteurs de capitalisation telles que l'Agence des pratiques et initiatives locales (Apriles, portée par l'Observatoire national de l'action sociale), Territoires conseils (Caisse des Dépôts), le Cler (Réseau pour la transition énergétique), Social Planet ou encore l'Union nationale des centres communaux et intercommunaux d'action sociale (Unccas).
Quatre ministères (Agriculture, Transition écologique et solidaire, Cohésion des territoires et Travail) seraient parties prenantes, ainsi que la Direction générale de la cohésion sociale, le Fonds d'expérimentation pour la jeunesse ou encore le Centre national de la fonction publique territoriale.
L'Association des maires ruraux de France et le Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire seraient également dans la boucle. Bretagne Créative est un exemple de démarche régionale qui pourrait intégrer la plateforme.
Quant aux autres partenaires associatifs actuels, ils sont principalement positionnés sur les champs de l'environnement, du développement durable et de l'ESS (2).

Un moteur de recherche et une communauté d'entraide

Tant d'acteurs parviendront-ils à se mettre d'accord sur une approche commune de l'innovation sociale ou territoriale ? Là n'est pas l'enjeu, pour Emmanuel Dupont. "Dès le départ, le parti pris a été de ne pas avoir une définition précise de l'innovation", explique-t-il. "Notre idée est de donner à voir une France des territoires extrêmement dynamique, à travers une grande diversité d'actions : de la bonne pratique locale à la démarche totalement inédite."
La future plateforme prendra la forme d'un moteur de recherche qui fera remonter le contenu – fiches ou autres descriptifs d'actions locales - des différents sites partenaires. La banque de l'innovation territoriale visera l'exhaustivité, afin de "valoriser le travail des uns et des autres" et de proposer "une vision plus large, consolidée". Au-delà, l'outil servira de support à l'animation d'un vaste réseau d'entraide entre porteurs de projets.
"La démarche est intéressante car elle permet de faire connaître, de mettre en lien des acteurs, d'attirer d'éventuels financeurs", estime Estelle Camus, Responsable éditoriale d'Apriles. "Le contenu n'est pas normalisé, on peut donc aller assez vite. Chaque partenaire continue à travailler en toute autonomie selon son identité et ses objectifs, mais la matière est engrangée", poursuit-elle. 

Entre la valorisation d'une multitude d'expériences et la qualification de l'innovation, faut-il choisir ?

A ce stade, la plateforme n'est pas conçue comme un outil de connexion entre porteurs de projets et potentiels financeurs. Le sujet est toutefois à l'étude. "L'équipe d'animation de la plateforme pourrait aider des financeurs, notamment des fondations, à savoir quoi financer, à identifier par exemple des thématiques et des territoires", glisse Emmanuel Dupont.
Il ne s'agit pas pour autant de s'orienter vers une démarche de mesure de l'impact social des projets répertoriés. "On ne peut pas réduire le potentiel d'une innovation à la mesure de son impact", considère le responsable de la CGET. Parallèlement aux démarches actuellement menées pour stabiliser une méthode de mesure de l'impact social (3), il importe selon lui de capitaliser, grâce à l'expertise des réseaux, sur l'expérience des acteurs de terrain.


(1) Le programme "Entrepreneurs d'intérêt général" permettra le recrutement de deux développeurs pour la plateforme. Le projet est actuellement animé par deux chargés de mission (au CGET et à la Fonda) ; l'objectif est de pouvoir créer deux postes de façon pérenne pour animer le réseau à partir de 2018.
(2) Parmi ces partenaires : Animafac, le Comité 21, Décider ensemble, Territoria, l'Union nationale des acteurs et des structures du développement local (Unadel), Résolis, Reporters d'espoir…
(3) Dont l'étude prospective du groupe piloté par l'Avise, la Fonda et le Labo de l'ESS. 

 

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