Cinéma : les associations professionnelles présentent leurs doléances pour les prochaines conventions État-CNC-régions

Les professionnels du secteur du cinéma et de l'audiovisuel veulent peser dans les futures conventions État-CNC-régions. Ils demandent au CNC de revenir au principe du "un pour deux" et se prononcent, en cas de mise en place d'un partenariat renforcé avec certaines régions, pour un rattrapage en faveur des territoires fragilisés.

Alors que se négocient les prochaines conventions État-CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée)-régions pour la période 2026-2029, trente-deux associations professionnelles nationales et régionales du secteur en appellent, dans une note publiée le 16 mars, à "une stratégie partagée et durable en matière cinématographique, audiovisuelle et territoriale".

Les signataires rappellent qu'au printemps 2025, Régions de France a rendu publiques ses propositions visant à refonder le partenariat avec l'État et le CNC en matière cinématographique et audiovisuelle. Les régions réaffirmaient notamment le principe du cofinancement à hauteur de un euro de la part du CNC pour deux euros issus des collectivités, soit un ratio de 0,50, alors que ce ratio était tombé à 0,39 en 2024 (lire notre article du 26 mai 2025). Autrement dit, le CNC n'aurait pas tenu ses engagements.

De son côté, le CNC a proposé, en vue du renouvellement des conventions, un nouveau modèle comportant notamment un "partenariat renforcé" pour les régions les plus engagées et un fort accent mis sur la diffusion et l'éducation à l'image, avec le risque de créer des aides à deux vitesses, les régions finançant le plus devenant aussi les plus aidées (lire notre article du 25 septembre 2025). En réponse à ces propositions, et "dans un contexte de baisses généralisées des fonds d'aide", les associations professionnelles du secteur entendent "affirmer un socle commun de principes", articulé notamment autour de l'équité territoriale.

Ajuster les dotations du CNC à l'effort des régions

Aussi, dans leurs "principes pour un nouveau pacte État-CNC-régions", les signataires demandent en premier lieu "un cadre financier équitable et lisible". En l'occurrence, ils revendiquent de rétablir "effectivement" le principe "un euro du CNC pour deux euros de la région", mais aussi de prévoir "un mécanisme d'ajustement des dotations CNC à l'effort réel des régions", afin de limiter la dérive vers des ratios défavorables aux collectivités. En mai 2025, Régions de France affirmait à ce propos : "Alors que les régions poursuivent leur engagement, l'effort de l'État ne suit plus", et chiffrait à 3,3 millions d'euros le manque à gagner des collectivités dans le cofinancement des productions. Dans le même esprit, la note propose de "revaloriser les enveloppes triennales et d'assouplir les effets de gel là où ils empêchent d'accompagner la montée en puissance d'une politique régionale".

En termes de gouvernance, les professionnels du cinéma et de l'audiovisuel souhaitent être associées "officiellement", aux côtés du CNC, des régions et de leurs agences, à la coconstruction du cadre conventionnel. Ils demandent par ailleurs que les futures conventions intègrent les "enjeux contemporains", par exemple l'écologie, à travers une écoconditionnalité coconstruite des aides, ou encore la responsabilité sociale des entreprises, "en trouvant des complémentarités" entre les dispositifs nationaux et des critères "propres aux territoires".

Pour un maintien des compétences partagées

Enfin, les signataires consacrent dans leurs doléances une large place à la réduction des fractures territoriales. Pour eux, le "partenariat renforcé" proposé par le CNC aux régions les plus engagées "ne doit pas produire une prime aux mieux dotés" et doit être accompagné "de mécanismes de rattrapage pour les territoires moins équipés ou fragilisés (zones rurales, outre-mer, petites et moyennes agglomérations)". En outre, ils souhaitent que l'équité territoriale devienne "un critère explicite d'évaluation des politiques conventionnelles, au même titre que les montants investis". Ils demandent par ailleurs l'introduction d'un mécanisme de solidarité territoriale en réservant une part de l'enveloppe nationale aux coordinations et structures opérant dans des territoires fragiles, et d'accompagner les collectivités en décrochage au lieu de les pénaliser, en leur proposant un appui technique et méthodologique. 

Et alors qu'une réflexion est en cours au niveau gouvernemental pour une "clarification" des compétences actuellement partagées par l'ensemble des collectivités, dont la culture, les professionnels du cinéma et de l'audiovisuel s'alignent sur la position des associations d'élus en demandant que soit reconnu "explicitement le rôle de l'ensemble des échelons territoriaux – régions, départements, EPCI, communes — dans le financement et le déploiement des dispositifs" (lire notre article du 23 janvier 2026).

 

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