Archives

Des enchères 5G en septembre, des obligations de couverture 4G renforcées

L'Arcep a annoncé le 11 juin 2020 que les enchères de la 5G seraient organisées fin septembre. En contrepartie d'un calendrier 5G assoupli, le régulateur a imposé aux opérateurs de déployer plus largement la 4G+. Le feuilleton de la 5G est pour autant loin d'être terminé.

Comme le souhaitait le gouvernement, l'autorité a décidé de programmer les enchères de la 5G fin septembre. Bouygues Telecom, rejoint entre-deux par SFR-Altice, n'aura donc pas obtenu gain de cause pour sa demande d'un report de la 5G de 6 mois (notre article). L'opérateur aura cependant été entendu sur un point : l'urgence de mieux couvrir les territoires en 4G.

Un calendrier 5G assoupli

L’enchère initialement prévue au mois d’avril sera organisée entre le 20 et le 30 septembre 2020. Elle portera sur les 11 blocs de 10 MHz encore disponibles dans la bande 3,4 ? 3,8 GHz, chaque opérateur disposant d'ores et déjà d'un bloc de 50 MHz acquis pour 350 millions d'euros. Le positionnement des fréquences et la délivrance effective des autorisations d'émettre suivront entre octobre et novembre. La date de lancement des services commerciaux est cependant laissée à l'initiative des opérateurs. Initialement, le cahier des charges conçu par l'autorité prévoyait l'ouverture des services 5G dans au moins deux grandes villes d'ici la fin de l'année. 

La 4G+ sur 75% des sites

Cet assouplissement de calendrier est accompagné d'obligations renforcées sur le déploiement de la 4G dans les territoires ruraux. L'Arcep affirme en effet vouloir "mettre l’accent sur la 4G dans les zones de moindre densité". En complément du New deal mobile, sur lequel l'autorité réaffirme sa "vigilance", l'autorité indique que "les autorisations délivrées à l’automne prévoiront des obligations pour renforcer la 4G". Les opérateurs devront en effet "généraliser" la 4G+ sur "au moins 75% des sites" d'ici à la fin 2022. Cette technologie permet d'atteindre des débits de 240 Mbit/s, quatre fois supérieurs à ceux imposés aujourd'hui.

Une course d'obstacles

La course d'obstacles pour le déploiement des dernières technologies mobiles est cependant loin d'être terminée. Le Conseil d'Etat doit ainsi répondre prochainement "sur le fond" à la requête des associations environnementales sur les risques sanitaires de la 5G (notre article).Une trentaine de députés ont de leur coté demandé une commission d'enquête sur les effets sanitaires et environnementaux de la 5G. L'Anssi est également attendue sur la liste des matériels utilisables pour déployer la 5G. Aux sénateurs, Bouygues Telecom a en effet laissé entendre qu'il pourrait attaquer l'Etat si les obligations imposées au nom de la sécurité nationale impactent trop lourdement son plan d'investissement. Enfin, sur le terrain, le déploiement des antennes – 5G ou pas – s'annonce semé d'embûches, les anti-antennes de tous poils multipliant, au mieux les recours administratifs, au pire les dégradations d'équipements. 

Lancement d'une concertation sur l'impact environnemental du numérique

Le régulateur a annoncé lancer "une plateforme de travail pour un numérique soutenable" réunissant associations, institutions, opérateurs, entreprises du numérique et des personnalités qualifiées pour réfléchir sur "l'empreinte environnementale du numérique". Les travaux de cette instance, organisée sous forme d'ateliers thématiques à partir de début juillet, déboucheront sur un rapport d'ici la fin de l'année. Il sera constitué d'un diagnostic de l'Arcep, de contributions des participants et de pistes de travail pour répondre aux enjeux environnementaux du numérique.