Déserts médicaux : des députés appellent à l'action après de nouveaux chiffres

Le groupe transpartisan de députés contre les déserts médicaux animé par Guillaume Garot a appelé le gouvernement à relancer le débat parlementaire sur la régulation de l'installation des médecins, après des chiffres de l'Ordre des médecins montrant la persistance de fortes inégalités d'accès aux soins.

"Malgré l'augmentation du numerus clausus, malgré l'augmentation globale du nombre de médecins en activité en France, malgré les mesures d'incitation à l'installation qui coûtent chaque année des centaines de millions d'euros à l'État et à l'Assurance maladie, l'écart entre les territoires les mieux dotés et les moins bien dotés continue de grandir", écrit dans un communiqué du 1er avril le groupe transpartisan de députés contre les déserts médicaux, animé par Guillaume Garot (Mayenne). "De juin 2024 à juin 2025, selon les chiffres de l'Assurance maladie, les installations de médecins sont en hausse de 3,5% en moyenne sur le territoire, mais en baisse de 1,7% dans les déserts médicaux", précise-t-il.

"Nous appelons le gouvernement à regarder en face cette réalité des chiffres" et à mettre la proposition de loi instaurant une régulation de l'installation des médecins à l'ordre du jour du Sénat, poursuit-il. La proposition de loi a déjà été adoptée en mai 2025 par l'Assemblée nationale (voir notre article), contre l'avis du gouvernement de l'époque qui s'opposait à la régulation proposée. "Les effets d'annonce ne suffisent plus", estime le groupe, qui va de La France Insoumise (LFI) aux Républicains (LR).

"Majoration persistante des inégalités territoriales"

L'Ordre des médecins a publié mardi son atlas annuel de la démographie médicale. Les chiffres confirment une tendance à la hausse (+2%) du nombre des médecins en activité régulière (hors remplaçants et médecins à cumul en emploi retraite), amorcée en 2024, conséquence notamment à la progression du nombre d'étudiants dans les facultés de médecine.

Mais malgré cette embellie, "l'accès aux soins demeure une difficulté pleinement d'actualité, avec une majoration persistante des inégalités territoriales, affectant les soins primaires (médecine générale) et plus encore l'accès aux spécialistes médicaux et chirurgicaux", estime l'Ordre.

Selon les statistiques de l'Ordre, la Creuse, le Cher et la Haute-Marne ont vu le nombre de médecins baisser de respectivement 19,3%, 17,3% et 16,7% entre 2010 et 2026, alors que les Hautes-Alpes, la Savoie et la Haute-Savoie ont vu leur nombre de praticiens augmenter de respectivement 44,7%, 40,6%, et 38,6% sur la même période.

Autres constats : l'activité salariée poursuit sa progression et représente le premier mode d’exercice des médecins en activité (47% des effectifs, contre 41,6% en exercice libéral exclusif et 11,4% en activité mixte) ; pour la première fois, les femmes sont majoritaires parmi les médecins en activité (50,5% des effectifs en 2026, contre 40,1% en 2010) ; les médecins à diplômes étrangers "jouent un rôle croissant dans l’équilibre démographique de certains territoires et spécialités" (14,2 % des médecins inscrits au tableau de l’Ordre).

 

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