Économie sociale et solidaire : une "baisse drastique" des crédits de l'État aurait des "conséquences désastreuses", alertent les acteurs
Dans un courrier du 8 juin, les réseaux de l'ESS interpellent le Premier ministre sur les "conséquences désastreuses" que pourrait avoir la baisse de 4 millions d'euros (sur 19) des crédits de l'État consacrés au secteur. Une mesure prise dans le cadre de l'annulation des dépenses prévue pour faire face aux effets de la guerre au Moyen-Orient.
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Quelques mois après avoir bataillé pour obtenir le maintien au même niveau que 2025 (19 millions d'euros) des crédits dédiés à l'économie sociale et solidaire (ESS) dans le budget de l'État, plusieurs réseaux de l'ESS déclarent avoir "appris l’intention du gouvernement, par le biais de mesures de gel et d’annulation de crédits, de revenir sur le montant de [ces] crédits". Selon les informations transmises aux réseaux par le cabinet du ministre Serge Papin puis confirmées par la direction générale du Trésor, la baisse serait de 4 millions d'euros, indique le Réseau des collectivités territoriales pour une économie sociale et solidaire (RTES) à Localtis.
Dans un courrier adressé au Premier ministre, daté du 8 juin 2026, les dirigeants d'ESS France, du Mouvement associatif, de l’Union des employeurs de l’économie sociale et solidaire (Udes), du RTES, de France Active et du Mouvement des pôles territoriaux de coopération économie (PTCE), mais aussi les présidents de chambres régionales de l'ESS (Cress) et de nombreuses structures alertent sur les "conséquences désastreuses" qu'aurait "une baisse drastique" de ces crédits. Dans un contexte morose pour l'ESS, où "les défaillances ont atteint un niveau sans précédent depuis plus de 5 ans" (voir notre article), une telle "baisse non anticipée" des financements entraînerait l'arrêt immédiat d'actions, des suppressions de postes voire des cessations de paiement, craignent ces acteurs. D'autant que, désormais, ils doivent également s'acquitter de la taxe d'apprentissage (voir notre article).
"Vive inquiétude parmi les élus locaux"
"Cette perspective suscite une vive inquiétude parmi les élus locaux", complète le RTES dans un autre courrier signé par la présidente du RTES. "Partenaires quotidiens de l'action publique", les entreprises de l'ESS "interviennent dans des domaines essentiels à la cohésion sociale, à l'emploi, à l'insertion, à la transition écologique, à l'animation de la vie locale et à l'accès aux services dans de nombreux territoires, notamment les plus fragiles", rappelle-t-elle. L'action des Cress, des PTCE, du dispositif local d'accompagnement (DLA) "complète et renforce celle des collectivités locales", affirme-t-elle, soulevant le risque d'un "affaiblissement durable de dynamiques collectives patiemment construites avec les collectivités".
Ces réseaux demandent au Premier ministre de maintenir les crédits adoptés en loi de finances. Le RTES fait par ailleurs savoir qu'il "suspend sa participation aux travaux de la Stratégie nationale de l'ESS". Il rappelle en effet dans sa lettre que cette stratégie "en cours de finalisation" a pour objectif de "reconnaître pleinement le rôle de l'ESS dans l'économie française" et de "sécuriser ses financements".