Grand Armagnac : aide à domicile, c’est un métier ! (32)

Le Centre intercommunal d’action sociale (CIAS) du Grand Armagnac propose aux agents de se former pour être aide à domicile. Une réponse au déficit d’attractivité de ce métier, imaginée par l’Union départementale des centres communaux d’action sociale, en partenariat avec le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT). 

« Les personnes que nous recrutons sont très souvent dépourvues de diplômes. La bonne volonté ne suffit pas pour exercer ces métiers. Nous devons très tôt donner les moyens aux professionnels d’avoir les gestes et postures qui ne les mettent pas en difficulté, et ne les usent pas prématurément. Cela est important pour leur bien-être ; ce qui se ressent sur la qualité de la prestation. C’est un cercle vertueux », défend Claude Vettor, maire de Campagne d’Armagnac et administrateur du Centre intercommunal d’action sociale (CIAS) du Grand Armagnac. Un enjeu vital pour des territoires ruraux vieillissants comme celui du Gers. 

Un métier de terrain 

« Hormis la qualité de la prise en charge, il s’agit de rendre effectif le droit des personnes, car à l’heure actuelle, 15 % des plans d’aide ne sont pas mis en œuvre, faute de personnel. Or, si nous voulons recruter et garder le personnel, il doit bénéficier de bonnes conditions de travail », ajoute le responsable de l’Union départementale des centres communaux d’action sociale (UDCCAS) et du CIAS du Gers, Moulay El Khalifa.

Forte de cette conviction, l’UDCCAS, présidée également par Claude Vettor, a mis sur pied un nouveau parcours de formation « à la prise de poste ». Le dispositif a été lancé en mai 2025, en partenariat avec l’antenne départementale du CNFPT d’Occitanie (Centre national de la fonction publique territoriale). 

Le CIAS du Grand Armagnac a immédiatement saisi cette occasion et a envoyé deux agents, recrutés depuis un peu plus d’un an, et volontaires pour l’expérimenter. « La plus jeune de ces deux personnes vient d’un tout autre secteur professionnel. Elle a appris le métier sur le terrain, comme la grande majorité des agents que nous recrutons. Elle avait besoin de se rassurer dans un premier temps. La formation lui a permis de vérifier sa pratique, de corriger certains points et d’acquérir de nouvelles connaissances », explique le directeur du CIAS, Cyrille Lanic. 

Un parcours revu et corrigé

C’est le deuxième parcours de formation mis au point par ces acteurs, dans le but de faciliter la prise de poste des services à domicile territoriaux. Établi en 2015, le premier s’étalait sur trois ans, avec des modules obligatoires les deux premières années. Six promotions l’ont suivi, jusqu’en 2022, date à laquelle l’arrêt des financements a mis fin à l’expérience (cf. encadré).

Le nouveau parcours s’est inspiré de ce modèle, en l’adaptant, pour corriger notamment sa durée. « Trois ans, c’était beaucoup trop long. Le fort turn-over dans ces services faisait que le taux d’arrêt en cours de promotion était élevé. Cela manquait également de dynamisme. Les modules étaient trop espacés et il n’était pas facile de remobiliser à chaque fois », explique Valérie Beltrando, responsable de la formation pour le CNFPT du Gers. 

Plus ciblé et resserré dans le temps

La formation lancée en 2025 compte douze jours, répartis sur six mois. Son contenu est plus pratique, pour répondre aux situations que rencontrent très vite les professionnel(le)s : quelles sont les pathologies des personnes âgées, comment faire la toilette, lever une personne âgée, etc. Et ce, sur trois blocs de compétences : la mission, la connaissance de la personne aidée, et la prévention des risques professionnels. « L’enseignement est adapté à des personnes avec peu ou pas de qualification », explique la responsable du CNFPT. 

Le rythme des sessions est également rapproché – deux jours par mois. « Cela crée une dynamique de groupe que nous n’avions pas dans la précédente version. Les stagiaires forment un réseau d’échanges sur leurs expériences. En dehors de l’acquisition des bases, nous recherchions cette mise en réseau, car cela reste un métier que l’on pratique de façon isolée », insiste la responsable du CNFPT.

Les premiers retours sont positifs. Aucune aide à domicile n’a abandonné la formation en cours et le taux d’absence est réduit à 10 %, « ce qui était loin d’être le cas auparavant ! », note le CNFPT. 

Au-delà du territoire

« Nous avons tous intérêt à développer ces formations de prise de poste, également pour donner l’envie aux aides à domicile de continuer à se former ensuite, grâce à des formations courtes, réactives », souligne le directeur du CIAS. Ce qui suppose également un engagement fort de l’employeur, du point de vue de l’organisation interne, et pour ce qui concerne la mobilisation de certains agents réfractaires, face aux contraintes, comme l’éloignement du lieu de formation notamment. « Cela mériterait aussi que le métier soit davantage reconnu », glisse le directeur, touchant là un point essentiel de l’attractivité du secteur.

Expérimentation locale sur financements nationaux

La formation est entièrement prise en charge par l’Union départementale des centres communaux d’action sociale (UDCCAS) du Gers. L’union nationale des CCAS attribue une enveloppe à L’UDCCAS du Gers, à hauteur de 52 800 euros sur deux ans (2025-2026), dans le cadre d’une convention nationale entre l’UNCCAS et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) pour la modernisation et la professionnalisation du secteur de l’aide à domicile. La convention précédente avait soutenu le premier parcours de formation, de 2015 à 2022, avec l’appui du conseil départemental, pour environ 40 % des frais.

Ces 52 800 euros couvrent les frais pédagogiques, la location de salles, de matériel médical, les repas, et le coût de remplacement des stagiaires, pendant leur formation, pour 30 personnes par an.

L’objectif de l’UDCCAS du Gers est de pouvoir généraliser ce modèle. 

Communauté de communes du Grand Armagnac

Nombre d'habitants :

13750

Nombre de communes :

25
14 allée Julien Laudet
32800 Eauze

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