Poitiers accueille les baigneurs dans un lagon artificiel (86)

À la place d'anciennes piscines extérieures, la ville de Poitiers a réalisé un lagon artificiel au Bois Saint-Pierre. Ouvert l'été, le site est plébiscité par 600 baigneurs chaque jour. Les économies d'eau sont au rendez-vous mais la promesse d'un entretien sans produit chimique ne peut pas être tenue, du fait de l'affluence et des canicules répétées.

Au Bois Saint-Pierre, les trois bassins de l'ancienne piscine dataient des années 1970. Propriété de la mairie de Poitiers, localisé sur la commune voisine de Smarves à dix kilomètres du centre-ville, l’équipement était coûteux à entretenir et perdait 100 m3 d'eau par jour. En 2022, le bassin adulte avait même fermé. « Rénover l'équipement coûtait un peu plus cher que de le transformer en lagon. Le lagon avait aussi l'avantage de ne pas supprimer d'été de baignade, du fait de travaux plus courts, et il portait la promesse d'un entretien sans produit chimique. Ça a été l'option choisie par l'ancienne équipe municipale », explique Tony Bigliardo, responsable de cet équipement.

Un cadre naturel et paysagé plébiscité par les usagers

Poitiers est l’une des premières collectivités françaises à construire un lagon public – ce type d'équipement relève en général d'espaces de loisirs privés. Les travaux ont été lancés en janvier 2025. Les bassins existants ont été démolis, le terrain remodelé en utilisant la topographie et les chênes présents sur le site pour créer un grand L de baignade. Un complexe gravier-sable-membrane-géotextile a ensuite été installé. « Il est recouvert d'une couche de cinq centimètres de sable blanc, qui tapisse le fond et court tout autour du bassin », explique le responsable. L'équipement est alimenté par l'eau du réseau, qui chauffe naturellement du fait d'une profondeur maximale d'1 mètre 50. Le haut de plage est en sable jaune, pour signifier la partition entre zone de baignade et espace où planter son parasol et étendre sa serviette. Depuis l’ouverture mi-juillet 2025, le site fait le plein. « C'est un bel espace de détente et d'évasion, qui amène la plage à domicile, notamment pour les familles modestes, apprécie Sissako Bolanga, adjointe aux sports. C’est une expérience unique, très appréciée des usagers. » Depuis l'été 2026, le lagon est aussi pleinement accessible aux personnes à mobilité réduite.

Un protocole d'entretien peaufiné au fil du temps

Pour cet équipement atypique, l'équipe technique a créé un protocole d'entretien sur mesure. Chaque matin, les agents remontent le sable, en partie descendu au fond du bassin, et passent une machine thermique qui retire glands et branches d'arbres des plages de sable. L'eau du bassin est filtrée en quatre étapes : un dégrilleur retire d'abord les impuretés, puis trois filtres de fibres en polypropylène arrêtent les impuretés plus fines. Ensuite, un filtre à sable traite les bactéries et enfin deux filtres à UV jouent leur rôle bactéricide et virucide. Le processus complet de filtration prend huit heures et fonctionne 24 heures sur 24. Le système de réservation, compliqué la première année, fonctionne désormais bien et alerte les usagers en cas d'orage ou de fermeture sanitaire, avec report possible de la réservation. Côté accueil, il est nécessaire d'insister sur l'indispensable douche avant baignade. « C'est la condition pour maintenir une qualité correcte de l'eau, alors que plus de 600 personnes profitent du site chaque jour », souligne le responsable.

Produits chimiques

Mais la promesse initiale d'une filtration naturelle sans adjonction de produits chimiques n'a pu être tenue : « Nous essuyons les plâtres et le manque de recul sur un tel équipement : les températures extérieures à 40 degrés, l'eau à 29-30 degrés et la présence de très nombreux baigneurs ne nous permettent pas d'éviter l'adjonction de produits chlorés », reconnaît l'adjointe. Pour garantir la sécurité sanitaire, au-delà des mesures quotidiennes de PH et chlore, la mairie diligente une analyse de même type que celles de l’Agence régionale de santé, chaque quinzaine, en alternance avec l'organisme de santé publique. Côté consommation d'eau, le résultat est en revanche au rendez-vous, du fait de l'absence de fuites, même si l'évaporation demande une certaine recharge en eau chaque jour. L'équipement est « également moins énergivore, grâce à l'absence de chauffage de l'eau ».

Cet été, le lagon a dû fermer 12 jours au total sur la période estivale, pour raisons sanitaires. « L'enjeu, pour la saison prochaine, est de trouver, avec le constructeur, des solutions complémentaires de filtration, qui nous permettent d'ouvrir le site sans discontinuer et garantir la sécurité sanitaire », conclut l'adjointe.

Le lagon en quelques chiffres

  • 2 100 m2 de baignade
  • 2 mois d'ouverture au public (Juillet-août : 14 heures-19 heures en semaine, 12 heures-19 heures le week-end). L'équipement est ouvert en matinée aux centres de loisirs ou autres usages collectifs.
  • 8 à 9 agents sur place (2 agents techniques, 2 agents d'accueil et un médiateur qui sont des agents publics, 3 maîtres-nageurs sauveteurs prestataires d'une association)

Coût du projet d'aménagement du lagon

2 120 000 euros TTC, dont 98 000 euros de mise en accessibilité

60 000 euros : subvention européenne FEDER

47 000 euros : Indemnités pour dégâts aux arbres de Clair Lagon (prestataire du marché public)

2 012 300 euros TTC de reste à charge pour la commune

Fréquentation usagers 2026 : 21 000 entrées

Dépense de fonctionnement 2026 : 175 000 euros

Recettes 2026 : 57 000 euros

Commune de Poitiers

Nombre d'habitants :

92187
15 place du Maréchal Leclerc
86 000 Poitiers

Sissako Bolanga

Adjointe au maire, en charge des sports

Tony Bigliardo

Responsable d'équipements sportifs

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