Pour mettre « Les Landes au menu ! » des cantines, le département couve les maraîchers bios(40)

Depuis 2019, le département des Landes coordonne le dispositif ETAL 40, pour favoriser la production de légumes bio à destination de la restauration collective. Six maraîchers ont pu s’installer grâce à ce dispositif, et trois nouveaux porteurs de projet ont rejoint en 2026 l’espace de test.

« Les Landes au menu ! », le plan alimentaire territorial (PAT) du département des Landes a été adopté en 2020. Son diagnostic initial révélait une carence en production de légumes bio, particulièrement pour approvisionner la restauration collective. Environ treize millions de repas sont servis chaque année, notamment aux collégiens du territoire. Le conseil départemental a donc décidé de porter, de financer et d’animer un dispositif d’Espaces Tests Agricoles Landais, ETAL 40. Ses objectifs sont multiples : sécuriser les reconversions ou réinsertions professionnelles, participer au renouvellement des générations d'agriculteurs et faciliter l’installation de nouveaux maraîchers bio, produisant des cultures diversifiées. Les candidats sont accompagnés durant trois années.

« Le pilotage d’espaces tests agricoles par un département est une exception, explique Dominique Degos, conseillère départementale déléguée à l’Agriculture. Depuis 2015, notre département a fait le choix politique de conventionner avec la région Nouvelle-Aquitaine pour continuer à soutenir son agriculture et pour valoriser ses nombreuses filières de qualitéNous avons la chance de détenir huit productions sous signe d’identification de la qualité et de l'origine dans différentes filières. »*

Acquérir les compétences métier

Le dispositif est animé par Sabine Dauga, chargée de mission au sein du pôle agriculture et forêt du département : « Mon rôle est de coordonner le montage juridique, technique et financier pour aménager les espaces tests. J’anime également la communauté de partenaires qui accompagne les porteurs de projet dans leur apprentissage du métier de maraîcher. » L’un des principaux leviers d’ETAL 40 est en effet de minimiser l'investissement de départ et d’alléger la charge mentale liée au montage d’une structure, pour que le futur maraîcher se concentre sur l’acquisition des compétences métier. Ainsi, le département prend en charge l’aménagement des parcelles tests et investit dans du matériel agricole professionnel. Celui-ci est mutualisé et mis à disposition des apprentis maraîchers, via la Coopérative d’utilisation de matériel agricole (CUMA) Maraîchage 40.

En conditions réelles

Par ailleurs, la couveuse associative Incubatest, par Tec Ge Coop, accompagne les porteurs de projets sur les volets comptable, fiscal et humain de leur activité, via un contrat d’appui au projet d’entreprise (CAPE). En pratique, des partenaires comme Agrobio40 et la Chambre d'Agriculture des Landes interviennent sur le terrain pour proposer des conseils techniques sur le maraîchage bio diversifié. « Je suis aussi une interlocutrice privilégiée pour résoudre des problèmes ponctuels et mobiliser les bons interlocuteurs en cas d’imprévus, comme des intempéries, des dysfonctionnements électriques ou des problèmes d’irrigation... Je facilite les interactions des maraîchers avec les partenaires, comme Agricampus40, l’association Landaise pour la promotion de l'agriculture durable (ALPAD), la Maison familiale rurale (MFR) ou l’association pour le développement de l’emploi agricole (ADEAR). Le dispositif les aide également à s’insérer dans les réseaux professionnels », précise Sabine Dauga.

Plus de neuf hectares de surfaces cultivables

En 2026, trois parcelles, d’environ trois hectares chacune, sont exploitées en test. L’une d’elles appartient à la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud, à Magescq ; une autre à un propriétaire privé de Mimizan et la troisième à la commune de Morcenx-la-Nouvelle. « Les communes et intercommunalités jouent un rôle déterminant, en prévoyant des réserves foncières agricoles sur leurs territoires, explique l’élue, Dominique Degos. Sur deux sites parmi les trois, les maraîchers pourront s'installer définitivement après la période de test. Ils conserveront ainsi le bénéfice du travail du sol réalisé pendant trois ans et le réseau commercial tissé. » Les communes réalisent les raccordements en eau et électricité des parcelles, le carrossage de voirie si besoin, et peuvent aider les porteurs à se loger.

En 2025, le chiffre d’affaires (CA) annuel global, généré par l'ensemble des parcelles tests s’élève à 204 000 euros. La restauration collective représente moins de 5 % de ce CA. Cela s'explique par une rentabilité supérieure de la vente directe, et par une désynchronisation saisonnière (le pic de production estivale coïncide avec la fermeture des cantines scolaires). « Les porteurs de projet restent libres de choisir leurs circuits de commercialisation, précise Sabine Dauga, mais nous les encourageons à répondre aux besoins de la restauration collective via Agrilocal 40, qui est une plateforme de mise en relation entre acheteurs de la restauration collective landaise et producteurs et fournisseurs locaux. »

À Morcenx-la-Nouvelle, le dernier espace test aménagé par le département est situé à seulement 150 mètres d’une cuisine pour la restauration collective (300 convives / jour). Des relations commerciales devraient naturellement se tisser, permettant un circuit « du champ à l'assiette » quasi immédiat.

* Les signes officiels de qualité et de l'origine (SIQO), présentés sur le site des chambres d’agriculture

Coût d’investissement et d’accompagnement d’un porteur de projet (2025)

  • 230 000 euros : coût d’investissement global pour l'aménagement intégral d’une parcelle de trois hectares (clôtures, irrigation, matériel agricole, 1 200 m2 de serres, tunnels de stockage, chambres froides, vestiaires, etc.), inflation conjoncturelle incluse
  • Financement LEADER (enveloppe variable, en fonction des territoires) pour les investissements
  • Contribution des collectivités : financement et/ou contribution pour les aménagements (chemins d’accès, viabilisation, etc.)
  • 0,6 équivalent temps plein (ETP) : estimation du temps de coordination de la chargée de mission
  • 2 500 euros : aide régionale pour chaque contrat CAPE signé pour l’animation
  • 4 000 euros : aide départementale visant la prise en charge des frais fixes de fonctionnement CUMA dont la mobilisation est dégressive : 60 % la première année, puis 30 % et 10 % en dernière année
  • Le candidat doit fournir un apport entre 8 000 et 10 000 euros. Sur cette somme, 3 000 euros sont affectés à la prise de parts sociales dans la CUMA Maraîchage 40. Cette enveloppe lui est restituée à la fin du test d’activité.

Conseil départemental des Landes

Nombre d'habitants :

428427
23 rue Victor Hugo
40 000 Mont-de-Marsan

Dominique Degos

Vice-présidente déléguée à l’agriculture et à la forêt

Sabine Dauga

Chargée de mission agriculture, alimentation, approvisionnement de proximité

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