À Rives-du-Loir-en-Anjou, Nov’Art magnifie le paysage naturel (49)

Dans la douceur des Basses Vallées Angevines, Nov’Art propose un parcours d’art et une résidence de création, en lien avec le paysage. Quand la création artistique magnifie l’espace public, fédère les habitants, tout en s’inscrivant dans l’offre touristique du territoire…

Que de chemin parcouru depuis le Salon de peintres pour connaisseurs, présenté en 1982 à Villevêque*, jusqu’à Nov’Art, parcours d’art intégrant une résidence de création ! « En zone rurale, les gens sont peu habitués à fréquenter des œuvres d’art, ils ne se sentent pas légitimes. En installant les œuvres dans leur environnement quotidien, nous leur offrons la possibilité de s’approprier l’art actuel », explique Arnaud Poirier, responsable du pôle tourisme, culture et communication de la commune.

« Notre défi est d’accompagner tous les habitants du territoire, y compris les personnes empêchées, les plus isolées, les enfants, les séniors... Grâce à la médiation sociale et culturelle, au transport solidaire, à des visites adaptées, nous permettons à tous d’accéder à la beauté des paysages, des œuvres, du patrimoine », complète Lydie Bourbon, maire de Rives-du-Loir-en-Anjou, élue communautaire d’Angers Loire Métropole.

Œuvres géantes, créations in situ

Au fil du temps, les élus et toute l’équipe de Nov’Art écoutent les propositions des artistes. En 2013, commence ainsi le temps des Grands formats : des peintres réalisent durant une journée entière une œuvre géante, de trois mètres par deux mètres, dans l’espace public. En 2015, un chorégraphe propose aux élèves de l’école régionale des Beaux-Arts (Tours-Angers-Le Mans) de réaliser une installation sur laquelle il initie à la danse les habitants volontaires. Une petite dizaine d’entre eux participe au spectacle final, tandis que la structure en cordages reste exposée durant tout l’été dans le parc du musée-château de Villevêque. « L’œuvre fait sens car elle est créée pour nos lieux. De fait, les habitants ont dansé là, dans l’œuvre créée dans leur parc », dit Lydie Bourbon. 

Résidence d’artiste

« Nous utilisons Nov’Art comme un espace de création. On teste, on améliore, on identifie de nouveaux partenaires… », poursuit Arnaud Poirier. En 2020, ce processus conduit Nov’Art à s’inscrire dans le dispositif départemental « Prenez l’art », initiant une résidence de création, de trois mois, sur la commune. Malgré la crise sanitaire, l’artiste Elsa Tomkowiak réalise dans son atelier breton, OTTO, une sphère colorée de cinq mètres de diamètre, exposée ensuite sur le Loir : « ce fut un véritable tsunami, qui a impacté l’imaginaire collectif. Les habitants sont venus en nombre partager un moment de tranquillité, de lecture près de l’œuvre. Ils en parlent encore souvent. »

Un impact touristique fort

De fait, l’attractivité de Nov’Art est multipliée par deux. On comptait deux mille visiteurs en 2010, cinq mille se sont déplacés en 2025. Pour l’équipe de Rives-du-Loir-en-Anjou, c’est un marqueur : la résidence d’artiste doit intégrer de façon pérenne le parcours d’art et celui-ci s’inscrire dans la stratégie touristique. Après une refonte du schéma de développement touristique (2023-2033) structuré autour du lien entre nature, art et patrimoine, la commune met en place une étude de faisabilité et des actions. « Aujourd’hui, une ligne budgétaire spécifique permet de lancer un appel à candidatures auprès des artistes. De plus, nous bénéficions à la fois du soutien technique du pôle Arts visuels des Pays de la Loire et des subventions du département et de la métropole », détaille le responsable du pôle Tourisme. En 2026, Nov’Art accueille ainsi Gwenaëlle Hugot, qui crée un tissage de 25 m² représentant les itinéraires préférés des habitants. « Nous l’avons choisie parce que son projet invite les habitants à participer à la genèse de l’œuvre ainsi qu’à sa réalisation. »

Articuler art, nature et tourisme 

Côté budget, la création de l’œuvre est financée par la commune (6 800 euros), le conseil départemental (3 000 euros) et Angers Loire Métropole (1 700 euros), tandis que les droits de diffusion sont acquis par la commune pour trois ans. Celle-ci met aussi à disposition les agents municipaux et la logistique. Pour l’été 2026, quatre autres artistes et onze performeurs, dans le cadre des Grands formats, seront présents. Ce qui représente un budget total pour Nov’Art de 35 500 euros.

Alors que la stratégie touristique s’articule depuis toujours autour de « l’art de vivre au naturel », avec Nov’Art, elle mêle la volonté de valoriser les espaces naturels sensibles et le patrimoine. « Nous défendons, un slow tourisme, fait de balades et de contemplation, de découverte de la nature et du patrimoine, parce que nous voulons accueillir les touristes dans des conditions acceptables par nos habitants », explique Madame la maire. Dans cet esprit, un bac à chaîne est en service d’avril à octobre pour passer d’une berge à l’autre du Loir. L’œuvre 2026 est installée à proximité, facilitant ainsi la découverte du parcours d’art entre les deux rives.

* Depuis 2019, Villevêque s’est réunie avec Soucelles, pour devenir Rives-du-Loir-en-Anjou.

Nov’Art 2026 en chiffres

  • 5 000 visiteurs annuels
  • 5 artistes, dont 1 artiste en résidence pour 3 mois
  • 11 œuvres en grand format 
  • 35 500 € de budget

Rives-du-Loir-en-Anjou

Nombre d'habitants :

5743
6 Pl. de la Mairie
49140 Rives-du-Loir-en-Anjou

Lydie Bourbon

Maire

Arnaud Poirier

Responsable du pôle tourisme, culture et communication

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