Guadeloupe et Martinique frappées par une double crise de l'eau, entre sécheresse et pollution

La Guadeloupe et la Martinique affrontent cet été une crise de l'eau, tiraillées entre une sécheresse qui paralyse la distribution et des réseaux d'assainissement dégradés interdisant les baignades, ont alerté les autorités locales.

En Guadeloupe, Météo-France a recensé le "deuxième mois de juin le plus sec depuis 1991". Avec des précipitations déficitaires allant jusqu'à -75% sur la Grande-Terre, le "déficit pluviométrique persistant" pèse sur un réseau d'eau potable "fortement fragilisé par les fuites", a souligné le syndicat mixte de gestion de l'eau et de l'assainissement de la Guadeloupe (SMGEAG). Le 20 juillet, la régie publique a annoncé avoir été "contrainte de procéder à des ajustements du planning de tours d'eau", des coupures roulantes destinées à rationner l'archipel.

À ce manque d'eau courante s'ajoutent des interdictions de baignade, liées à "la situation dégradée du réseau d'assainissement", selon le préfet. Le 12 juillet, la préfecture a signalé la pollution par des "germes indicateurs de contamination fécale" de sites naturels très touristiques. Sont notamment touchées la cascade aux écrevisses dans le Parc national, la rivière de Ferry à Deshaies ou encore la plage de la Caravelle à Sainte-Anne.

La qualité de l'eau se détériore d'année en année : seuls 29,4% des sites en rivière sont d'excellente qualité, selon les données publiées le 15 juillet par l'agence régionale de santé (ARS). Neuf lieux de fréquentation sont d'ailleurs interdits depuis plus de cinq ans.

Face à cette impasse structurelle touchant tant la distribution que l'assainissement, les élus locaux ont voté fin juin quatre résolutions, dont l'une demande officiellement l'intervention de l'État.

La situation est tout aussi tendue sur l'île voisine de la Martinique, maintenue en alerte sécheresse. La mission interservices de l'eau et de la nature (Misen) a constaté une "tension persistante" sur les débits des rivières, a indiqué la préfecture dans un communiqué.

Le mois de juin a été marqué par des cumuls de pluie représentant en moyenne seulement 20 à 60% des normales saisonnières. Or 94% de l'eau consommée en Martinique provient directement des rivières, dont la capacité de stockage est limitée à environ trois jours. Au 30 juin, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) a également noté des niveaux inférieurs à la moyenne dans les nappes souterraines.

Pour préserver la ressource, le préfet a imposé des restrictions sur l'ensemble du territoire. L'arrosage des pelouses est interdit de 8h00 à 20h00. Le remplissage des piscines privées de plus de 1,30 m, le lavage des véhicules hors des aires professionnelles et l'alimentation des fontaines publiques sont proscrits.

 

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