Inspection des installations classées : une accidentologie en hausse en 2025, particulièrement dans le secteur déchets
"Si les émissions de plusieurs polluants poursuivent leur baisse sur le long terme, l’année (2025) a aussi été marquée par une reprise de l’accidentologie dans certains secteurs, en particulier celui des déchets", constate l'Inspection des installations classées, qui a présenté, ce 6 juillet, le bilan de son activité 2025, après avoir dévoilé sa feuille de route en tout début d’année (lire notre article du 9 janvier 2026).
Le rapport de l'inspection recense 1.534 incidents et accidents pour les ICPE, soit 23,3% de plus qu’en 2024, dont 513 accidents, soit 21,5% de plus qu’en 2024. La mise en place d’une nouvelle téléprocédure a toutefois pu faciliter la détection et la déclaration des événements "contribuant à une remontée plus complète des incidents". Le secteur des déchets, représente à lui seul près d’un quart de l’accidentologie des ICPE (environ 1.500 événements), le phénomène majoritaire rencontré étant l’incendie. L’année 2025 a été marquée par une nette reprise de l’accidentologie de la filière. Le nombre d’incendies enregistrés dans les centres de gestion des déchets non dangereux a ainsi augmenté de 55% par rapport à 2024. Il est à son plus haut niveau enregistré (plus de 5% par rapport au niveau, déjà élevé, observé en 2022). Pour faire face à cette situation, la DGPR a publié, en 2023 et 2024, trois arrêtés ministériels permettant de faire évoluer ou de compléter les dispositions réglementaires s’appliquant aux installations de gestion de déchets, afin de prévenir le risque d’accidents ou de faciliter l’intervention des services de secours. Afin de contrôler la mise en œuvre de ces nouvelles obligations, une action nationale de l’inspection des installations classées sera menée en 2026, avec un focus particulier sur les sites de tri, transit et regroupement de déchets combustibles ou inflammables.
En matière de pollution de l'air, l'inspection relève "une amélioration constante" sur la baisse des émissions de polluants. Entre 1996 et 2024, les émissions dans l’air ont baissé de 85% pour le dioxyde de soufre (SO₂), de 60% pour les composés organiques volatils (COV) et de 50% pour les oxydes d’azote (NOx). Entre 2008 et 2024, les émissions dans l’eau ont baissé de 52% pour le nickel et de 78% pour l’arsenic.
Plus de 450 contrôles ont également été réalisés auprès d’établissements industriels afin qu’ils identifient et réduisent à la source les émissions de PFAS causées par l’utilisation de mousse anti-incendie ou provenant de leur procédé industriel.