La Commission européenne présente sa nouvelle approche pour gérer les risques d'incendie de forêt
La Commission européenne a présenté, ce 25 mars, une communication sur la gestion intégrée des risques d'incendie de forêt, qui vise à la fois la prévention, la préparation (via un renforcement de la recherche et des données), la sensibilisation, la réaction et le rétablissement post-incendie.
Le document met en avant l'importance de la prévention via la "gestion des paysages", tournant ainsi le dos à la stratégie qui plaidait pour "laisser faire la nature en forêt", mise notamment à mal par les incendies de 2022 en France (lire notre article). "Le dépeuplement rural et l'abandon des terres augmentent le risque de manque de gestion active des forêts et des terres, ce qui entraîne une accumulation de végétation inflammable", indique la Commission, déplorant que les pratiques traditionnelles qui réduisent le combustible – brûlage dirigé, pacage, transhumance… – soient "sous-utilisées" (lire notre article). Pour y remédier, elle publie notamment en annexe un projet de document d'orientation sur les zones Natura 2000, qui vise plus largement à adapter la gestion de ces zones au changement climatique (tant les volets atténuation qu'adaptation), et singulièrement pour prévenir ou faire face aux incendies et inondations.
La Commission recommande en outre aux États membres d'intégrer la prévention des risques d'incendie dans leur plan national de restauration de la nature prévu par le règlement de 2024, ou encore de préparer des guides et outils de gestion des combustibles adaptés localement, impliquant notamment les collectivités locales.
La Commission ne se focalise toutefois pas sur les territoires ruraux. Elle met ainsi en exergue les interfaces entre territoires urbains et naturels, qui doivent "faire l'objet d'une particulière attention" – c'est le cas en France via les obligations légales de débroussaillement, qui concernent les maires au premier chef.
Un important volet est également consacré à la sensibilisation et la préparation de la population au risque incendie, alors que les zones à risque ne cessent de s'étendre. L'accent y est mis sur le tourisme, tant pour limiter le risque incendie lié à ce dernier que pour le préserver dans les régions concernées. La Commission encourage notamment les États membres à renforcer la collaboration entre les acteurs du secteur, les experts en matière d'incendie, les collectivités locales, les agriculteurs et les forestiers, ces trois derniers acteurs étant par ailleurs érigés, de manière générale, au rang "d'acteurs clés de la prévention des incendies".
On observera également que la Commission souligne l'importance d'un engagement "fort et continu des pompiers volontaires, premiers intervenants dans de nombreux pays européens", modèle que l'échelon européen menace par ailleurs de mettre à mal. Ou encore qu'elle rappelle que les États membres et les régions peuvent mettre à profit les fonds de la politique de cohésion pour l'achat d'équipements pour les unités de protection civile, et ceux du FSE+ pour la formation et le perfectionnement de ces dernières.