La programmation de l'énergie sous peu, la stratégie bas-carbone en mai, et le plan d'électrification entre les deux
Le ministère de la Transition écologique a fait part à la presse de sa volonté de "remettre le climat et la planification écologique à l'agenda", après un "certain nombre de stop and go budgétaires et/ou réglementaires". Il confirme que la stratégie nationale bas-carbone devrait être publiée au printemps. Roland Lescure annonce de son côté une publication de la programmation pluriannuelle de l'énergie sous peu, et du plan d'électrification dans quelques semaines.
© Eric TSCHAEN-REA/ Sébatien Lecornu et Roland Lescure en décembre 2025
"Une question de jours pour la programmation pluriannuelle de l'énergie, et de semaines pour le plan d'électrification." C'est le calendrier de publication annoncé par le ministre de l'Economie Roland Lescure, le 3 février dernier, sur BFM. Sans qu'on sache pour le moment comment seront ventilées les différentes filières productrices d'énergie (solaire, éolien, nucléaire, hydraulique...) au sein de la feuille de route énergétique à horizon 2035, les syndicats des énergies renouvelables, reçus à Matignon par le Premier ministre Sébastien Lecornu et Roland Lescure, ce vendredi 6 février, se montrent rassurés. "A l'évidence, il n'y aura pas de moratoire sur les énergies renouvelables", se sont félicités le Syndicat des énergies renouvelables (SER), France Renouvelables et Enerplan, dans un communiqué commun, à l'issue de la réunion. Une clarification était "attendue et nécessaire pour rassurer les salariés des entreprises du secteur", ont-ils ajouté.
Stratégie bas-carbone au printemps
De son côté, le ministère de la Transition énergétique a confirmé, ce 5 février à la presse, que la 3e stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) devrait bien être publiée par décret en mai prochain. "Le Conseil national de la transition écologique rendra son avis le 19 février, le Haut Conseil pour le climat rendra aussi le sien en février. Et le Conseil national d'évaluation des normes a déjà rendu un avis favorable", le 22 janvier, à la version présentée le 12 décembre dernier (lire notre article), indique le ministère. Pour mémoire, doivent également se prononcer les collectivités d'outre-mer et de Corse ainsi que l'Autorité environnementale. Le ministère fera ensuite "évoluer la copie à la lumière de ces retours et soumettra la nouvelle version à la consultation du public par voie dématérialisée pour une durée de trois semestres, ce qui devrait nous permettre de publier la version finale au printemps".
Appel à la remobilisation
Le ministère a profité de l'occasion pour se féliciter de "ce plan de transformation climatique le plus abouti et le plus détaillé qu'il y ait au monde", rappelant que la France était en particulier "le premier pays" à se doter d'un objectif – non contraignant – en matière d'empreinte carbone. Mais aussi pour faire part de sa volonté de "remettre le climat et la planification écologique à l'agenda et au centre des politiques publiques", alors que "les baisses d'émissions ralentissent sur les 24 derniers mois" : -1,6% l'an passé d'après les premières estimations du Citepa (lire notre article du 14 janvier), alors qu'une "baisse des émissions de 5% par an est nécessaire pour atteindre notre objectif 2030". Un mauvais résultat que le ministère explique notamment par le retour de l'inflation et une "demande basse dans tous les secteurs", qui n'ont pas favorisé l'investissement. Or "décarboner c'est investir", souligne-t-il. Et investir demande à la fois de la stabilité et de la prévisibilité, lesquelles ont plutôt fait défaut ces derniers mois, avec en point d'orgue l'épreuve du marathon budgétaire. D'ailleurs, le ministère "d'assumer qu'un certain nombre de stop and go budgétaires et/ou réglementaires sur les 18-24 derniers mois n'ont pas aidé à maintenir un signal clair pour le grand public et pour les entreprises sur la décarbonation".
Une SNBC "réaliste"
Pour autant, il se veut optimiste : "On a toutes les technologies, tous les outils de politique publique pour y arriver" et "nous sommes certains que les cibles que nous nous sommes fixées [dans la SNBC] sont réalistes". Un réalisme qui motive notamment la révision à la baisse dans le texte des "rénovations énergétiques d'ampleur". Laquelle est aussi justifiée par la nécessité de déployer la planification "dans un régime budgétaire contraint", ce qui conduit à faire "des choix". S'il ne "s'agit pas de renoncer à l'efficacité énergétique", assure le ministère, l'option de l'électrification des modes de chauffage semble avoir été d'autant plus aisément retenue qu'elle est "en cohérence avec l'ambition annoncée par le Premier ministre de faire de l'électrification le fer de lance des politiques climatiques". Une ambition affichée après l'appel à une "électrification rapide du pays" lancé naguère par RTE (lire notre article du 9 décembre), indispensable pour protéger un réseau électrique plus que jamais sous contrainte (lire notre article du 17 décembre).