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Le conseil de pilotage du tourisme veut rassurer sur les perspectives du secteur

Six mois après le dernier comité interministériel du tourisme (CIT) sous la présidence d'Édouard Philippe (voir notre article ci-dessous du 20 juillet 2018), Jean-Baptiste Lemoyne, le secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires étrangères, a réuni, le 17 janvier, le troisième "conseil de pilotage du tourisme" depuis le début du quinquennat. Cette instance assure notamment la préparation et le suivi des dossiers entre deux CIT.

Tout ira bien, "si les mouvements sociaux ne se poursuivent pas"

Peu de nouveautés au menu de cette réunion, mais un premier bilan de la fréquentation touristique en 2018. Ainsi, l'année "a vu progresser l'ensemble des marchés émetteurs de touristes pour une fréquentation étrangère en hausse qui devrait avoisiner 90 millions de visiteurs internationaux". Certes "l'actualité de la fin de l'année" - euphémisme du communiqué pour les manifestations des gilets jaunes - "a pu provoquer des annulations de projets de voyage en France, [mais] les premiers indicateurs ne montrent pas de fort décrochage par rapport à la moyenne annuelle, tout en incitant à la vigilance" (voir notre article ci-dessous du 15 janvier 2019). Si les arrivées aériennes internationales sont bien en recul de 5% pour les mois de janvier et de février, elles "repartent à la hausse à partir du mois de mars". Les marchés européens (80% de la fréquentation internationale en France) ont connu des baisses de fréquentation "très modérées". En revanche les annulations sont plus importantes sur les marchés long courrier - notamment asiatiques -, "qui ont été sensibles aux images de violence urbaine et à l'attentat de Strasbourg".

Néanmoins, un consensus se dégage chez les tour-opérateurs sur des prévisions optimistes en 2019, "si les mouvements sociaux ne se poursuivent pas". Enfin, la saison hivernale 2018-2019 à la montagne "se présente sous les meilleures auspices" avec, au 4 janvier, une fréquentation des massifs en hausse de 12% par rapport à l'année précédente.

Statistiques, formation, développement durable et investissements

Au-delà de ce point de situation, quatre autres sujets ont été abordés. Jean-Baptiste Lemoyne a insisté sur la nécessité d'une meilleure connaissance qualitative et quantitative des flux de touristes, de leurs comportements, des retombées directes et indirectes et des emplois induits. La statistique n'est pas en effet un des points forts du secteur. S'appuyant sur un rapport remis par l'Institut français du tourisme (IFT), il a annoncé plusieurs mesures pour moderniser les modes de collecte et de traitement.

La question de la formation initiale a aussi été abordée, en vue de préparer le prochain CIT, en mars 2019, dont ce sera le thème dominant. A l'occasion de la réunion du conseil de pilotage, la Conférence des formations d'excellence au tourisme (CFET), chargée de labelliser les meilleures formations françaises, a signé deux conventions de partenariat avec Atout France et avec Campus France.

Le tourisme durable au menu du prochain comité

Le secrétaire d'État a également annoncé la création d'un groupe de travail sur le tourisme durable, en vue de soumettre des propositions au CIT du second semestre 2019 et de doter le gouvernement d'une "feuille de route" sur la question.

Enfin, la réunion a été l'occasion d'un point sur le dispositif "France tourisme ingénierie" (FIT), programme d'accompagnement de l'investissement touristique en région, piloté par Atout France et cofinancé par la Banque des Territoires (à hauteur de 15 millions d'euros sur cinq ans). À ce jour, trois régions - Auvergne-Rhône-Alpes, Bretagne et Paca - ont voté la mise en place de ce dispositif, qui comporte un volet de rénovation de l'immobilier de loisirs et un volet de réalisation de trois grands projets touristiques structurants sur chaque territoire. Six autres régions devraient suivre "dans les prochaines semaines" : Bourgogne-Franche-Comté, Corse, Hauts-de-France, Grand Est, Pays de la Loire et la Réunion.