Le gouvernement présente la deuxième phase de son plan d'électrification
Le gouvernement a présenté ce 15 octobre la deuxième phase de son plan d'électrification, qui comporte notamment plusieurs mesures de soutien aux collectivités pour limiter le recours aux énergies fossiles.
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Après une première salve de mesures annoncées en deux temps (lire nos articles des 13 et 23 avril 2026), le gouvernement a présenté ce 15 octobre la deuxième phase de son plan d'électrification. Face à une crise énergétique qui s'installe depuis plusieurs mois, il entend "réaffirmer sa volonté de réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles tout en axant sa réponse sur la protection du pouvoir d'achat", a indiqué le ministère de l'Énergie à l'AFP.
Sortie des énergies fossiles dans les territoires d'électrification
Cet acte II du plan comporte 17 mesures dont 6 visent directement les collectivités et les 109 territoires d'électrification dévoilés le 11 septembre dernier (lire notre article). Dans les territoires qui se sont engagés à réduire la part du gaz dans le chauffage des bâtiments, le gouvernement va mettre en place une prime "sortie du gaz" qui pourra atteindre pour les particuliers jusqu’à 1.000 euros par logement, selon la modulation retenue par chaque territoire, sauf en Corse, où un accompagnement spécifique pour la sortie du gaz de pétrole liquéfié est déjà lancé.
"L’objectif est d’encourager les habitants des 109 territoires à passer à l’électrique, souligne le ministère. Cette aide facilitera la conversion complète à l’électrique, notamment dans les copropriétés où l’installation de pompe à chaleur est plus complexe qu’en maison individuelle (nécessité d’un espace extérieur, d’une boucle d’eau chaude à l’échelle du bâtiment, etc.)". Le soutien public pourra également contribuer aux études visant à identifier les zones prioritaires de sortie du gaz. Le dispositif sera applicable une fois les zones de sortie du gaz déterminées par les 109 territoires, d’ici mars 2027, précise le ministère. Le gouvernement vise environ 300.000 logements sortis du gaz pour l’électrique d’ici 2030 dans les territoires d’électrification, ajoute-t-il.
Le plan prévoit en outre un accompagnement renforcé des ménages chauffés au fioul dans les 109 territoires d’électrification. Il s’agit en majorité de personnes vivant en zone rurale, modestes et âgées. Afin d’accélérer leur sortie du fioul et de les protéger des hausses de prix, l’État annonce mobiliser 50 millions d'euros dès fin novembre 2026 pour renforcer l’information sur les différentes aides existantes permettant notamment de basculer vers une pompe à chaleur (offre intégrée PAC, primes CEE, éco-PTZ ou rénovation globale). Ces démarches s’appuieront sur l’écosystème des espaces conseil France Rénov’, et des accompagnateurs Rénov’ (MAR). Environ 100.000 ménages pourront être concernés, assure le ministère, qui évoque un accompagnement spécifique en lien avec les territoires selon les besoins : prêts de radiateurs électriques, appui pour la dépose de la cuve à fioul, chèques énergie en contrepartie de l’engagement à installer une PAC. Le gouvernement estime à environ 200.000 le nombre de logements sortis du fioul pour l’électrique d’ici 2030 dans les territoires d’électrification.
Réseaux de chaleur moins dépendants au gaz
Le plan prévoit aussi d'électrifier les réseaux de chaleur et les grands bâtiments pour faire baisser les charges. 100 millions d'euros seront consacrés à l'électrification des réseaux de chaleur pour baisser leur dépendance au gaz. Disponibles en janvier 2027, ces aides nouvelles destinées aux collectivités et aux opérateurs de réseaux de chaleur et de froid visent à soutenir la production centralisée de chaleur via la géothermie et les pompes à chaleur pour les réseaux de chaleur, avec l'objectif affiché de doubler la part de la chaleur produite grâce à la géothermie pour les réseaux de chaleur à l’horizon 2030.
Le gouvernement veut aussi renforcer les aides aux grandes pompes à chaleur aérothermiques et géothermiques pour les bâtiments disposant de chaufferies collectives, notamment dans les copropriétés, le parc social et le tertiaire, ces équipements permettent de remplacer les énergies fossiles avec un potentiel important de baisse des factures énergétiques. L’incitation sera accrue pour des systèmes 100% électriques et les aides conditionnées à un critère de qualité et de fabrication en Europe pour le logement collectif (comme c’est le cas pour les pompes à chaleur individuelles). Ces aides, dont les collectivités et les bailleurs sociaux pourront bénéficier, seront disponibles à compter de mars 2027. Selon le ministère, 15.000 logements dans des bâtiments collectifs pourraient être équipés en 2027
Plus de bus et de cars électriques
Dans le domaine des transports collectifs, le passage à l'électrique est également encouragé, d'abord pour les bus et les cars à condition qu'ils soient fabriqués en Europe. Dès aujourd’hui pour les bus et à partir du 1er janvier 2027 pour les cars, les collectivités locales et leurs opérateurs de transport verront le soutien à l'acquisition renforcé jusqu’à 130.000 euros pour un bus grande capacité fabriqué en Europe et jusqu’à 123.000 euros pour les cars.
Trains des petites lignes équipés de batteries
Alors que 40% du réseau ferré français - principalement les petites lignes - reste aujourd’hui non électrifié faute de caténaire pour l’alimentation électrique directe des trains, le gouvernement propose aux régions compétentes pour l'achat de matériel roulant un soutien – non chiffré à ce stade et disponible à compter du 1er mars 2027 – pour équiper les trains de batteries électriques. Celles-ci disposent d'une autonomie proche de 100 km et peuvent prendre le relais sans moteur diesel sur les sections non électrifiées. Le gouvernement se fixe ainsi l’objectif de 100 TER électrifiés d’ici 10 ans.