Les "territoires d'électrification" enfin dévoilés

Les – finalement – 109 lauréats du programme "territoires d'électrification" annoncé par le gouvernement en avril dernier ont été dévoilés ce 11 septembre. Représentant "près d'un Français sur quatre", ces "laboratoires de l'électrification" ont désormais jusqu'au 1er décembre pour fixer leur feuille de route, avant de passer à la mise en œuvre "dès la fin 2026". D'ici là, une deuxième phase du plan d'électrification du gouvernement devrait être présentée en octobre.

Par un prompt renfort, les 100 "territoires d'électrification" – programme annoncé par le gouvernement en avril dernier, lors de la présentation du second volet de son plan d'électrification – seront finalement 109. Ils ont été dévoilés, avec un peu de retard (l'annonce avait été promise pour la fin juin), ce 11 septembre par la ministre déléguée chargée de l'énergie, Maud Bregeon.

Près d'un Français sur quatre concernés

Ces "laboratoires de l'électrification" ont pour mission de "montrer la voie" – mais aussi sans doute d'essuyer les plâtres – vers le tout-électrique, rappelle le cabinet de la ministre. Ils ont été retenus parmi 197 candidatures déposées. "Les plus ambitieux, avec un souci de représentation de l'ensemble des territoires ruraux et urbains, de taille variable", est-il précisé. Répartition géographique également, comme le prévoyait l'instruction du Premier ministre : on en recense 17 en Aura, 13 en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie, 10 en Bourgogne–Franche-Comté, 9 en Grand-Est, 7 en Centre–Val-de-Loire, en Île-de-France et en Paca, 6 dans les Hauts-de-France et en Normandie, 5 en Bretagne et dans les Pays de la Loire, 1 en Guyane, en Martinique, en Corse et à la Réunion (ces trois derniers couvrant chacun l'intégralité de l'île). 

Au total, ils représentent 6.676 communes – "87% sont des communes rurales ou des territoires d'habitat rural dispersé ou très dispersé" – "et près d'un Français sur quatre". Leur structure administrative diffère, puisque l'on retrouve des villes, des métropoles, des communautés de communes et d'agglomérations, des syndicats mixtes, des établissements territoriaux, une association loi 1901, des pôles d'équilibre territorial et rural ou encore des SCoT.

Trois mois pour fixer leurs objectifs…

Pour ces lauréats, une première phase de fixation de leurs objectifs s'ouvre désormais jusqu'au 1er décembre. "Aux élus de fixer, sur le terrain, avec leurs habitants, leur propre feuille de route pluriannuelle, la trajectoire qui leur correspond", explique le cabinet de Maud Bregeon. Une figure libre autour de quatre axes imposés : sortir du gaz ; sortir du fioul ; électrifier les mobilités et un dernier axe attrape-tout visant le soutien à l'électrification de "toutes les autres activités, notamment l'agriculture", mais aussi "les artisans ou industriels". Comme prévu, chaque territoire sera appuyé par un référent de l'Ademe, chargé de coordonner l'accompagnement apporté par "tous les acteurs pertinents", sous le pilotage des préfets.

S'ils peuvent choisir leurs projets librement, la sortie du gaz constitue "le sujet clé du dispositif", insiste le cabinet, alors qu'un récent rapport de la Cour des comptes européenne enseigne que les importations de gaz naturel russe ont augmenté en France entre 2021 et 2024. L'occasion notamment de planifier et de tester le décommissionnement progressif du réseau, d'abord "là où on a quelques consommations éparses qui nécessitent un entretien très coûteux. Il ne s'agit pas de retirer le réseau là où on a une forte production de gaz ou là où on a des industries qui en dépendent et ne peuvent en sortir à des coûts raisonnables", observe-t-on au cabinet de la ministre. Les métropoles retenues (Lyon, Bordeaux, Metz, Nancy, Strasbourg et Grenoble) se sont toutefois d'ores et déjà engagées à décommissionner certaines branches.

… avant la phase de mise en œuvre

Viendra ensuite, "dès la fin 2026", le temps de la mise en œuvre. Là-encore, des référents au sein des services de l'État seront désignés pour accompagner, jusqu'en 2030, ces territoires. Notamment "dans les directions régionales de l'environnement (Dreal) et les directions départementales des territoires, qui sont des portes d'accès privilégiées pour les sujets d'autorisation environnementale", précise le cabinet. "L'État va vraiment apporter l'ingénierie et coordonner les acteurs", assure-t-il encore. Côté financements, "ce sont ceux du plan d'électrification" ; ils reposent pour l'essentiel sur des certificats d'économie d'énergie. Mais les lauréats seront "les premiers à bénéficier des dispositifs mis sur la table par le gouvernement", est-il souligné. Parmi lesquels le programme Advenir pour l'installation de bornes de recharge de véhicules électriques.

Deuxième phase du plan d'électrification à venir

Dans un entretien accordé au Parisien, Maud Bregeon a par ailleurs annoncé le lancement de la deuxième phase du plan d'électrification en octobre prochain. "Elle financera par exemple des mesures ambitieuses pour sortir des chaudières au gaz, électrifier les réseaux de bus ou encore accompagner financièrement l'installation d'au moins une borne de recharge rapide publique par commune de plus de 3.000 habitants", indique la ministre, qui entend par ailleurs "faire de la France un champion européen de l'hydrogène industriel". Une énergie à l'envol encore contrarié.

 

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