Le think-tank TDIE prêt à ausculter les politiques "transports" des candidats aux élections du bloc communal

Comme en 2020, le think-tank TDIE va adresser aux candidats d'un échantillon de territoires représentatif de la diversité des situations territoriales et politiques un questionnaire sur leurs politiques de mobilité. Les enseignements sont attendus avant l'été.

Comme en 2020 (lire notre article), le think-tank dédié à l'étude des systèmes de mobilité TDIE se tient prêt à ausculter les politiques "transports" des candidats aux prochaines élections municipales et intercommunales. Au terme d'un substantiel état des lieux du cadre, des leviers, outils et contraintes des politiques de transport du bloc communal, le conseil scientifique de l'association a établi un questionnaire à l'attention d'un échantillon de 26 territoires "représentatif de la diversité des situations territoriales et politiques" (le même que celui retenu en 2020, en y ajoutant les métropoles de Strasbourg et de Toulon et les communautés d'agglomération de Lisieux et de Saint-Denis de la Réunion).

Trois questionnaires en fonction des compétences et de la localisation

Ou plutôt trois questionnaires, puisqu'il est cette fois encore tenu compte de trois situations bien distinctes : les communes d'Île-de-France ; les communes membres d'une intercommunalité dotée de la compétence d'autorité organisatrice des mobilités (AOM) ; les communes où la compétence d'organisation de la mobilité est exercée par la région.

Les candidats émargeant dans les deux premières catégories seront invités à plancher sur des thèmes communs : aménagement du territoire, transports et modes de vie ; logistique urbaine ; infrastructures. Ceux d'Île-de-France seront également interrogés sur les thèmes suivants : espace urbain et mobilités actives ; usages de la voirie par les véhicules motorisés ; services de mobilités partagées ; pôles multimodaux et enfin transition énergétique des flottes des collectivités et plans de mobilité employeurs multimodaux. Alors que, pour les deuxièmes, les questions supplémentaires auront plus particulièrement trait aux financements, aux services de mobilité partagée et aux services numériques multimodaux, à la voirie et à l'espace urbain, à l'intermodalité, aux mobilités interurbaines, longues distances et touristiques.

Enfin, les candidats relevant de la troisième catégorie seront passés à la question sur l'aménagement du territoire, les mobilités, les modes de vie et la gouvernance, les infrastructures pour le transport, la mobilité et la logistique, les déplacements automobile et vélo, les services de mobilités, les mobilités interurbaines et grandes distances.

Résultats avant l'été

Les enseignements de cette enquête seront présentés avant l'été. En 2020, l'étude avait singulièrement mis en avant la place prise par le vélo (lire notre article), lequel aura particulièrement marqué le dernier mandat municipal, bénéficiant d'une singulière poussette liée à la crise sanitaire (lire notre article du 2 octobre dernier). À l'heure des Services express régionaux métropolitains (Serm) – qui concernent la moitié des villes de l'échantillon – et du projet de loi-cadre sur le développement des transports, fera-t-il encore la course en tête ? 

Pour TDIE, une chose paraît d'ores et déjà certaine : trois défis continueront de bouleverser en profondeur l'économie des transports : la révolution numérique, la décarbonation – "Je ne connais pas un maire sortant ou un challenger qui n'a pas un volet transition écologique – développement durable dans son programme", souligne le co-président de l'association, Jean-Pierre Serrus, tout en rappelant que "la mobilité n'est pas seulement un outil de transition écologique" (lire notre article du 2 février) – et la décentralisation de nombreuses responsabilités dans le domaine. Laquelle se conjugue au pluriel, nécessitant la coopération de plusieurs collectivités, de différentes strates. Également co-président de TDIE, Sylvain Laval attire ainsi l'attention sur l'écart croissant entre "la déclaration d'intention et la capacité à faire". Pour des raisons budgétaires – "dans un contexte financier de plus en plus contraint, avec des territoires qui n'ont plus de levier d'augmentation des recettes puisqu'ils sont déjà tous au plafond du versement mobilités" –, mais "surtout parce qu'il faut désormais que la décision trouve une majorité intercommunale. Ce n'est plus le maire qui décide seul de construire un tramway, un métro, un bus à haut niveau de service…"

 

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