Les élus de douze villes françaises redemandent la poursuite de l'encadrement des loyers
Réunis par le maire de Paris, les élus de douze villes et métropoles françaises ont lancé vendredi 11 septembre un appel pour pérenniser, étendre et renforcer l'encadrement des loyers, dont l'application dans 70 communes pourrait s'arrêter fin novembre sans changement législatif.
"L'encadrement des loyers n'est pas suffisant" pour résoudre la crise du logement "et n'est pas parfait, mais il est devenu essentiel", a assuré le maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, ajoutant que "sa suppression se traduirait par des augmentations vertigineuses des loyers".
Mise en place par la loi Alur de 2014, l'expérimentation de l'encadrement des loyers doit s'arrêter fin novembre si aucun texte législatif ne la prolonge ou la pérennise. C'est l'objet d'une proposition de loi déposée par le député socialiste Iñaki Echaniz, déjà validée par l'Assemblée nationale (voir notre article de décembre dernier) et qui a été inscrite à l'ordre du jour du Sénat par le gouvernement. Le gouvernement avait annoncé vouloir amender le texte initial pour le restreindre à une prolongation de l'expérimentation de deux ans, sans pérenniser la mesure (voir notre article de juin). "La parole du ministre est donnée, mais je reste très prudent car le calendrier est serré", a relevé Christophe Robert, délégué général de la Fondation pour le logement des défavorisés.
Les élus de Paris, Lyon, Marseille, Montpellier, Lille, Rennes, Grenoble, Villeurbanne, Amiens, Pau, Bayonne et Est ensemble (voir photo sur le réseau X) ont donc appelé les parlementaires à sauver ce dispositif, à permettre à d'autres villes de l'appliquer et à l'améliorer. "La diversité des territoires présents montre que cette mesure a du sens", a défendu le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet.
Des villes qui aimeraient pouvoir encadrer les loyers sur leur territoire, comme Rennes, Marseille ou Amiens, se sont jointes à l'appel, assurant qu'il s'agit d'"une demande de nos habitants" selon Audrey Garino, adjointe à la mairie de Marseille chargée du logement.
Tordant le cou aux détracteurs de l'encadrement des loyers, accusé de provoquer un assèchement de l'offre de logements à louer disponible, la maire de Rennes, Nathalie Appéré, a rapporté qu'il y avait "aussi une atrophie de l'offre et des difficultés à se loger à Rennes, où l'encadrement ne s'applique pas". Elle estime qu'un locataire sur quatre dans sa ville pourrait voir son loyer baisser avec l'application de la mesure. L'Atelier parisien d'urbanisme (Apur) évalue l'économie moyenne réalisée par un locataire parisien à 1.019 euros entre juillet 2024 et juin 2025 grâce à l'encadrement (voir notre article sur cette étude), soit "350 millions d'euros de pouvoir d'achat conservé" à Paris, selon l'adjoint chargé du logement, Jacques Baudrier.