Risques majeurs - Les observatoires locaux des risques en plein essor
"La connaissance des risques est avant tout locale", rappelle Patricia Blanc, à la tête de la direction générale de la prévention des risques au ministère de l'Ecologie. Et pour cause : elle impose un patient travail de fourmi pour collecter, traiter, diffuser et comparer les informations. Des outils ont été créés pour remplir cette mission. Dès 2006, la région Languedoc-Roussillon fut la première à mettre en place, juste après avoir subi plusieurs inondations, un observatoire régional pour prendre en compte les risques dans l'aménagement de son territoire, développer une culture dans ce domaine et suivre les actions de prévention engagées. Voire les évaluer : une quinzaine d'indicateurs ont été construits à cet effet. Ils relèvent de deux familles : suivi de l'évolution de l'état des risques naturels ou bien suivi des réponses apportées en termes de prévention. Consultables sur le site de l'observatoire, ils intégreront prochainement la cartographie dynamique qu'elle propose de consulter en ligne. Autre région particulièrement vulnérable, l'Aquitaine. Près de deux-tiers des communes y sont exposés aux risques d'inondations, auxquels s'ajoutent le risque de submersion marine, le phénomène d'érosion côtière, les mouvements de terrain et les incendies de forêts. Fin 2012, le Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser) y recommandait de mettre en place une mission régionale d'observation et d'information sur les risques naturels, et un accompagnement des collectivités "en privilégiant autant que possible une approche intercommunale".
A son tour, la région Provence-Alpes-Côtes d'Azur se dote d'une plateforme web d'information sur les risques majeurs. Selon Nancy Spinousa, chef du service risques naturels majeurs au conseil régional, le but est bien de "partager la connaissance et développer une culture du risque". Fruit d'un partenariat entre le conseil régional, la Dreal et le BRGM, ce site a pour point fort de délivrer une cartographie dynamique et interactive des différents risques recensés. Plusieurs informations pertinentes peuvent y être superposées et plusieurs échelles explorées. Le site propose aussi des retours d'expérience en vidéo, des fiches pédagogiques et même des classeurs autrefois disponibles uniquement en version papier dans les mairies. La plateforme sera progressivement ouverte aux risques industriels. A terme, elle devrait évoluer vers un véritable observatoire régional des risques. Il est aussi prévu qu'elle serve d'appui à la constitution d'un groupe d'experts qui seront à même d'aider et d'apporter si besoin des réponses techniques aux collectivités. Enfin, côté départements, l'un des pionniers fut La Réunion : un observatoire y a été lancé en 2011. Après avoir dressé le bilan des dix années d'actions qui ont suivi les inondations de 2002, le conseil général du Gard vient aussi de lancer son propre observatoire. En parallèle, le département multiplie les actions de sensibilisation au risque inondation auprès des scolaires et des élus. Il met aussi ses agents à disposition des communes, pour les aider à boucler leurs plans de prévention et oriente les habitants vers des actions de protection de leurs logements (zones refuge, protection des réseaux).