Personnes âgées / Citoyenneté - Lutte contre l'isolement : la démarche Monalisa engagée dans 45 départements

Deux ans après son lancement, la Mobilisation nationale contre l'isolement des âgés (Monalisa) gagne du terrain : elle fédère désormais plus de 200 organisations dans 45 départements, autour de 200 équipes citoyennes de proximité.

"On n'a encore jamais vu personne sortir dans la rue pour dire 'je suis seul'." Si l'isolement relationnel est peu visible, il est pourtant bien dévastateur puisque "c'est le rendez-vous avec l'autre qui structure le temps, qui donne sens au temps", selon Jean-François Serres, référent national de Monalisa, la Mobilisation nationale contre l'isolement des âgés. En France, une personne sur huit souffre de solitude ; chez les plus de 75 ans, 27% sont concernés, soit plus du double.
Pour faire le point sur les avancées de la mobilisation qu'elle anime au niveau national, l'association Monalisa organisait le 2 février 2016 à Paris ses deuxièmes rencontres. Deux ans après son lancement, la démarche a su rassembler : elle fédère désormais 203 organisations dans 45 départements, autour de 200 équipes citoyennes de proximité.
L'originalité de Monalisa consiste à réunir tous les acteurs qui, quelle que soit leur casquette, sont en lien avec les personnes âgées : des collectivités, des caisses de retraite, des services d'aide à domicile et autres dispositifs d'aide, des associations et des citoyens, etc. Le but : multiplier et amplifier les initiatives destinées à créer du lien autour des personnes âgées isolées.

Un "défi quantitatif majeur"

Avec 1,5 million de personnes âgées en situation d'isolement, il y a un "défi quantitatif majeur", estime Antonin Blanckaert, directeur de l'action sociale de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav). Actuellement, avec la Mutualité sociale agricole (MSA) et le Régime des indépendants, la Cnav porte des actions auprès de 100.000 personnes ; l'objectif est de multiplier ce nombre par deux, notamment grâce au déploiement de Monalisa (voir notre article du 6 juillet 2015).
"La priorité parmi toutes ces priorités est de permettre l'émergence de la mobilisation dans les territoires où il ne se passe pas grand chose", ajoute Antonin Blanckaert. Ces fameuses "zones blanches" sont en effet ciblées par les animateurs locaux de Monalisa, comme en Vienne.
Les équipes citoyennes en place peuvent parfois compter sur la présence de jeunes volontaires en service civique. En Bretagne, Bourgogne et Provence-Alpes-Côte d'Azur, ces jeunes ont actuellement un "rôle de facilitateur", précise Etienne Maier d'Unis-Cité. Pour ce dernier, le nombre de missions de service civique dans ce domaine devrait se multiplier rapidement.

Lutter aussi contre la solitude des aidants

Venue introduire la journée, Laurence Rossignol, secrétaire d'Etat en charge des Personnes âgées, a indiqué quelques orientations pour les prochaines étapes du développement de Monalisa, en plaidant d'abord pour "une meilleure communication auprès du grand public". La secrétaire d'Etat souhaite en outre qu'une "expérimentation" soit conduite afin d'"évaluer les effets et la qualité [des] interventions auprès des personnes âgées". Actuellement financée par le gouvernement – via le fonds présidentiel "La France s'engage" – et la Caisse des Dépôts, Monalisa devra également être à l'ordre du jour de la conférence des financeurs qui, selon la loi d'adaptation au vieillissement du 28 décembre 2015, est amenée à soutenir dans chaque département des actions de prévention et de lutte contre l'isolement. 
Monalisa devra aussi intégrer le Haut Conseil de la Famille, de l'Enfance et de l'Age prévu par cette même loi et "qui sera installé en juin prochain". Enfin, Laurence Rossignol suggère un élargissement des publics ciblés par Monalisa, qui pourrait en particulier jouer un rôle dans "la lutte contre l’isolement des aidants".

Piloter la démarche... mais pas trop

Pour parvenir à renforcer encore la mobilisation, il est nécessaire de maintenir, pour Jean-François Serres, un "équilibre subtile entre la puissance publique et sa capacité à prescrire et la volonté libre et autonome de s'engager". "S'il y a trop de pilotage, les citoyens se retirent. Et d'un autre côté, il y a un besoin de soutien, de communication, de formation…"
Pour aller vers cet équilibre, certaines coopérations départementales s'appuient sur une co-animation institution-association ; par deux professionnels issus, pour le premier, d'un centre communal d'action sociale et, pour le deuxième, de l'association Les Petits Frères des pauvres, dans le cas de la Gironde.

 

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