Olivier Véran et Brigitte Bourguignon exposent six priorités en matière de solidarité

Lors du conseil des ministres du 17 février, Olivier Véran et Brigitte Bourguignon ont présenté, sous la rubrique "Résultats", un point sur les réformes prioritaires de leurs départements ministériels en matière de solidarités. Ce long exposé se lit d'abord en creux, avec l'absence de toute allusion au revenu universel d'activité (RUA), qui confirme, sans surprise (voir notre article du 5 février 2021), l'abandon, du moins pour ce quinquennat, de cette réforme qui devait pourtant structurer la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté 2018-2022.

Le point d'étape du ministre des Solidarités et de la Santé et de la ministre déléguée chargée de l'autonomie retient néanmoins six priorités au titre des réformes en matière de solidarités. Toutes ces priorités correspondent à des actions déjà largement engagées. La première est la lutte contre les impayés de pensions alimentaires, avec le dispositif d'intermédiation assuré par les CAF. Après un report pour cause de pandémie, la mesure a été lancée le 1er octobre 2020, puis élargie à l'ensemble des parents concernés le 1er janvier 2021 (voir notre article du 19 mai 2020).

Seconde priorité : les petits déjeuners gratuits dans les écoles des quartiers (avec un soutien de l'État aux collectivités de 1,3 euro en métropole et de 2 euros outre-mer) et la cantine à 1 euro (voir notre article du 24 février 2020). Les débuts sont encore assez modestes avec 153.000 petits déjeuners distribués sur l'année scolaire 2019-2020. Le rythme s'accélère toutefois un peu depuis la rentrée scolaire de 2020. Sur la cantine à 1 euro, l'État a renforcé son soutien depuis le 1er janvier, en augmentant son aide de 2 à 3 euros, et vise désormais 2,5 millions de repas à l'horizon 2022.

La troisième priorité concerne l'accompagnement des proches aidants. En ce domaine, l'avancée majeure est le déploiement, depuis le 1er octobre 2020, du congé proche aidant indemnisé (voir notre article du 1er octobre 2020). Dès le premier mois, les CAF ont traité près de 1.700 demandes.

Quatrième mesure : l'allongement du congé paternité pour un meilleur développement de l'enfant, mis en œuvre dans la cadre du plan sur les mille premiers jours de l'enfant et qui entrera en vigueur le 1er juillet prochain. La durée de ce congé a été doublée et portée à 28 jours. L'objectif est d'accroître à la fois le nombre de congés paternité pris et leur durée (332.772 pères ou conjoints ont pris un congé de paternité et d'accueil de l'enfant en 2019, d'une durée moyenne de 10 jours, pour 753.000 naissances).

Toujours dans le cadre des mille premiers jours de l'enfant, le gouvernement a généralisé, le 1er mai 2020, l'entretien prénatal précoce (EPP), désormais obligatoire. L'objectif est d'arriver à 70% de réalisation de l'EPP, contre 37% en 2019.

Enfin, la dernière priorité concerne le soutien aux professionnels du grand âge et de l'autonomie et le renforcement de l'attractivité de ces métiers. Compte tenu des enjeux budgétaires – notamment pour la sécurité sociale et pour les départements –, c'est sans doute la moins avancée des six priorités, dans l'attente des résultats de la mission confiée sur ce point à Michel Laforcade, ancien directeur général de l'ARS de Nouvelle-Aquitaine (voir nos articles du 3 février et du 11 février 2021).

 

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