Prévention santé : des sénatrices appellent à nommer des chefs de file thématiques pour "éviter la superposition et la dispersion des actions"

Le bilan de la prévention en santé en France est "pour le moins décevant", selon le rapport d'information de trois sénatrices, rendu public le 30 juin dernier. "Si des moyens lui sont consacrés, sa mise en œuvre pâtit d’une architecture brouillonne qui dilue les responsabilités et émiette l’action, d’un modèle financier peu lisible, globalement inadapté à l’enjeu d’un système plus préventif", soutiennent Marie-Do Aeschlimann (LR, Hauts-de-Seine), Marion Canalès (Socialiste, Puy-de-Dôme) et Nadia Sollogoub (UC, Nièvre). 

Ces dernières appellent donc à refonder la stratégie nationale de santé autour de la prévention, à l'appui d'une loi fixant des orientations pluriannuelles et pilotée par une "coalition des opérateurs de prévention, directement rattachée au Premier ministre, réunissant l’État, l’assurance maladie, les complémentaires santé, les représentants des collectivités territoriales et des professionnels de santé". Outre le pilotage et l'évaluation des politiques conduites, cette coalition d'acteurs serait chargée de "définir les conditions de leur déclinaison opérationnelle pour assurer la gestion du dernier kilomètre avec l’ensemble des acteurs compétents". Dans ce cadre des "chefs de file" thématiques seraient désignés pour assurer la "déclinaison opérationnelle des priorités identifiées" et "éviter la superposition et la dispersion des actions" : par exemple, les complémentaires santé pour la prévention bucco-dentaire et les collectivités pour la santé sexuelle, puisque nombre d'entre elles gèrent des centres dans ce domaine. 

Les sénatrices recommandent parallèlement aux pouvoirs publics, particulièrement aux collectivités, de développer l'approche "Une seule santé" afin d'agir sur les déterminants de santé dans les territoires (voir notre article). Elles préconisent aussi de "démultiplier les relais de prévention", notamment en reconnaissant la profession de "médiateur en santé" et en créant des "tiers-lieux de prévention". Cela particulièrement "dans les territoires qui souffrent de la désertification médicale (zones rurales, territoires ultramarins, quartiers prioritaires…), pour permettre la sensibilisation, faire adhérer au dépistage, encourager la pratique d’une activité physique régulière et dispenser des conseils nutritionnels". Les parlementaires appellent enfin à "faire des services de PMI [protection maternelle et infantile] et de la santé scolaire des piliers de la prévention", alertant sur les grandes difficultés que ces services connaissent aujourd'hui du fait notamment du manque d'attractivité des statuts. Clôturées en mai 2025 (voir notre article), les Assises de la santé scolaire se sont avérées selon elles "décevantes et sans engagement sur les moyens".

 

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