Une réalisation Banque des Territoires

Lutter contre les inondations par la forêt urbaine à Antibes

Antibes transforme ses zones inondables en forêt urbaine pour se protéger des crues et améliorer le cadre de vie des habitants.

En bref

Frise chronologique

Chiffres clés

surface à aménager 5,5 hectares

arbres à planter 300

nombre de tènements 35

A retenir

Création d’une zone d’expansion des crues pour prévenir des risques d’inondation

Amélioration du cadre de vie des habitants par la création d’une forêt urbaine et d’équipements de sport et de loisirs

Lutte contre les îlots de chaleur grâce à la plantation de 300 arbres adaptés au climat local

Montage du projet 

  • Prêt Gaïa Territorial Long Terme sur 60 ans  : 4,2 M€ 
  • Fonds propres  : 74 500 €
  • Coût total du projet : 4 274 500 €

Zoom

Végétaliser pour protéger des inondations

En octobre 2015, des crues dévastatrices ont frappé Antibes, causant des dégâts considérables. Avec le changement climatique, ces phénomènes risquent de s’intensifier. Pour y faire face, la ville a décidé de racheter les terrains situés dans les secteurs inondés afin de créer une zone naturelle de protection contre les crues.

Ainsi, à la place de l’ancien îlot résidentiel de Reibaud, une forêt urbaine est en train de voir le jour. Cet aménagement, agissant comme une zone tampon naturelle, permettra de réduire significativement les niveaux d’eau en cas de crue, protégeant ainsi les zones résidentielles environnantes (environ 40 foyers). Au total, ce sont 5,5 hectares qui seront convertis en site naturel dans ce projet grâce au prêt Gaïa Territorial.

Un aménagement au service des habitants

En 2015, la montée des eaux a atteint 1,5 mètre le long du vallon du Laval, classant ce secteur en zone inconstructible au Plan de prévention des risques d’inondation (PPRI). La Communauté d'agglomération de sophia antipolis (CASA), compétente en matière de prévention des inondations, a engagé l'acquisition amiable des habitations situées en zone rouge, puis leur démolition. Ces terrains accueillent désormais une zone d'expansion des crues, conçue pour absorber le trop-plein des cours d'eau lors des épisodes pluvieux intenses. 

Au-delà de la gestion hydraulique, le projet vise à réintroduire la végétation en milieu urbain en s'appuyant sur des solutions fondées sur la nature. Parmi les mesures retenues figure la plantation de 300 arbres, sélectionnés en collaboration avec l'INRAE (Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement) pour leur aptitude à supporter les écoulements d'eau soudains et massifs, contribuant au renforcement de la biodiversité en ville.

Les premières plantations ont déjà débuté sur l'îlot Reibaud, avec une douzaine d'arbres. Le jacaranda, l'arbre de Judée, le jujubier et le camphrier figurent parmi les essences retenues pour leur double résistance aux crues et aux fortes chaleurs, conférant à la forêt urbaine un rôle de rafraîchissement face aux épisodes caniculaires.

La forêt urbaine offrira aux habitants un espace de promenade, de détente et de sport. Des pistes cyclables et des cheminements piétons viendront compléter le dispositif, favorisant les mobilités douces et reconnectant les riverains avec les cours d'eau.

Un maillon d’une stratégie territoriale de long terme

L'îlot Reibaud n'est qu'une pièce d'un programme de renaturation conduit à l'échelle du territoire. Du vallon du Laval à la plaine de la Brague, la collectivité applique la même logique : acquérir les terrains les plus exposés, démolir le bâti vulnérable et rendre l'espace à la nature. Sur la plaine de la Brague, ce programme est mené en partenariat avec le Conservatoire du Littoral et prévoit une requalification des berges, de nouvelles zones d'expansion des eaux et des aménagements le long du cours d'eau.

En articulant prévention du risque, restauration de la biodiversité et qualité du cadre de vie, la collectivité fait de la gestion de l'eau un levier d'aménagement durable. Le projet poursuit trois objectifs :

  • la prévention des inondations ;
  • la renaturation de la cuvette par la démolition des murs-digues actuels ;
  • l'aménagement de la zone au bénéfice des habitants.

Cette démarche s'inscrit dans le projet de Ville-Parc d'Antibes Juan-les-Pins, avec un objectif de zéro artificialisation nette des sols (ZAN).

Un modèle de résilience urbaine

Le projet de renaturation des zones inondables d'Antibes s'impose comme un exemple de résilience urbaine : en conjuguant prévention des risques, restauration de la biodiversité et amélioration du cadre de vie, la collectivité démontre qu'il est possible de transformer une contrainte hydraulique en levier d'aménagement durable. La Banque des Territoires accompagne cette démarche en finançant l'acquisition des parcelles touchées par les crues

Pour ce type d'opération, qui suppose un portage foncier de long terme, la maturité du prêt Gaïa Territorial, pouvant atteindre 60 ans, est particulièrement adaptée. Un outil qui soutient la sobriété foncière et s'inscrit dans une logique de résilience climatique, reproductible dans d'autres territoires confrontés aux mêmes enjeux.

Les acteurs

Une réalisation de la Direction Régionale de Provence-Alpes-Côte-d'Azur

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