Un plan d'action pour améliorer la livraison des matériels roulants ferroviaires
Alors que le président de la SNCF confiait, le 2 juillet, que son problème n°1, "c'est le manque de trains", l'État, Régions de France, les opérateurs et les industriels* de la filière ont paraphé, ce 7 juillet, un plan d'action commun destiné à "améliorer la conduite des programmes de livraison des matériels roulants neufs", à "réduire les délais de livraison" et à "renforcer durablement la performance de la filière industrielle".
Élaboré sur la base du diagnostic dressé par la mission confiée à Yves Ramette, Christian Dugué et François Feugier, rendu en mai dernier, ce plan s'articule autour de trois priorités : "recréer une dynamique collective de filières" ; renforcer la maîtrise d'ouvrage en amont des contrats, notamment en définissant un meilleur cadrage des futurs appels d'offres et en offrant aux industriels une "vision claire" des besoins pour les 15 prochaines années ; enfin, sécuriser la réalisation des contrats, les essais et l'homologation des matériels roulants neufs, notamment grâce à la simplification des règles applicables. Une dizaine de groupes de travail seront mis en place pour travailler sur les différents chantiers prévus. Les mesures seront progressivement mises en œuvre à partir de 2027.
"Nous manquons de TGV", confiait déjà en 2024 Jean-Pierre Farandou, qui déplorait alors un retard de livraison de deux ans pour 115 nouvelles rames. Le manque de rames n'épargne par ailleurs pas les TER ; il tient à la hausse de la fréquentation, aux retards de livraison mais aussi à "la radiation prématurée d'un nombre conséquent de rames", observait naguère la région Aura auprès de la chambre régionale des comptes. Une stratégie qui n'est plus de mise, puisque SNCF Voyageurs a au contraire décidé en 2023 de lancer un programme "Opération obsolescence déprogrammée" visant à prolonger la durée de vie de 104 rames TGV "de 2 à 10, voire 15 ans supplémentaires". 26 rames rénovées doivent sortir des ateliers en 2026, et 23 en 2027.
* L'association française du rail (Afra), Alstom, CAF, l'établissement public de sécurité ferroviaire (EPSF), la fédération des industries ferroviaires (FIF), Île-de-France Mobilités, le Médiateur des entreprises, la RATP, SNCF Réseau, SNCF Voyageurs, l'Union des transports publics et ferroviaires (UTPF) et Wabtec