Une vingtaine de maires de ports méditerranéens appellent à un dialogue sur "l'avenir de la pêche"
"La protection de la Méditerranée ne peut pas se penser sans celles et ceux qui y travaillent. Elle doit se construire avec eux." Dans une tribune libre publiée dans la presse régionale, samedi 19 septembre, une vingtaine de maires de droite de villes portuaires méditerranéennes, dont Cannes, Nice, Toulon ou encore Sète, viennent en soutien aux pêcheurs "en détresse". "Leur modèle économique est fragilisé, les contraintes et les normes nationales et européennes s’accumulent. L’avenir de toute une filière s’obscurcit", peut-on y lire, alors que la ministre déléguée à la Mer et à la Pêche Catherine Chabaud était en déplacement lundi dans l'Hérault et le Gard pour discuter avec les pêcheurs, après une semaine de forte mobilisation sur fond de flambée des prix du carburant.
Les pêcheurs méditerranéens se plaignent d’un versement trop tardif des aides au carburant. Ils dénoncent aussi des quotas de pêche jugés trop restrictifs pour le thon rouge, notamment par rapport à leurs collègues de l’Atlantique, et des charges administratives trop importantes.
"Le prix du gasoil est aujourd’hui la goûte d’essence qui fait déborder le réservoir", écrivent les maires. "Nous appelons donc l’État à ouvrir avec les professionnels et les élus de Méditerranée un véritable dialogue sur l’avenir de la pêche", demandent-ils, appelant aussi les institutions européennes à "ne plus rester insensibles". Ils estiment que depuis plusieurs années, les pêcheurs ont "assumé leur part des efforts nécessaires à la préservation de la ressource" et "se sont adaptés à toutes les contraintes qui leur ont été imposées" (réduction de la flotte, diminution de l’effort de pêche, fermetures de zones et de périodes…), notamment à travers le plan West Med, qui vise une pêche durable en réglementant le chalutage. Or, selon eux, "les dispositifs d’accompagnement ne sont pas adaptés".
Bruxelles a fait un geste ce lundi en annonçant une modification ciblée du règlement relatif au Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l’aquaculture (Feampa) "afin de faciliter l’accès aux financements pour les pêcheurs et les producteurs aquacoles dans toute l’UE". "Ces changements visent à réduire les formalités administratives, à soutenir la transition énergétique du secteur et à renforcer la résilience des communautés côtières", assure la Commission, dans un communiqué.