Véhicule autonome : la France tente d'accélérer
Lors d'"assises du véhicule autonome" organisées ce 23 octobre, le ministère des Transports a fait part de sa volonté d'accélérer le déploiement de cet outil, paré de nombreuses vertus. Pour ce faire, il entend notamment "s'appuyer sur ceux qui connaissent le mieux les réalités du terrain, à savoir les collectivités territoriales et les autorités organisatrices de la mobilité". Lesquelles n'ont pas attendu le signal pour se mettre en marche.
© Ministères de l’Aménagement du territoire, des Transports, du Logement et de la Ville/ Philippe Tabarot aux assises du véhicule autonome
Alors que Tesla vient de dévoiler sa voiture "volante", le ministère des Transports a affirmé, ce 23 octobre, sa volonté d'"accélérer le déploiement du véhicule autonome" en France, à l'occasion "d'assises" consacrées à cet outil. Un chemin que l'invitait à prendre, parmi d'autres, une récente contribution publiée - mais pas rédigée - par le haut-commissariat à la stratégie et au plan. Son auteur y déplorait en effet que l'Europe soit "loin du compte" en la matière, alors que, "en Chine et aux États-Unis, le véhicule autonome est déjà une réalité commerciale déployée dans plusieurs métropoles".
Il est vrai que l'outil est paré de nombreuses vertus. Le ministère se dit ainsi convaincu que "le véhicule autonome constitue, dans le respect d’un cadre exigeant, un levier pour améliorer la sécurité routière, renforcer l’offre de transport dans les territoires les moins desservis et consolider notre souveraineté technologique".
Adapter le cadre réglementaire et faciliter les démarches
Pour favoriser cet essor, le ministre a fait part de "son ambition d'adapter le cadre réglementaire". Il a ainsi promis l'établissement, au premier semestre 2027, d'une "doctrine d’homologation, afin de donner aux constructeurs davantage de visibilité sur les exigences opérationnelles et le calendrier". Une doctrine qui fera en outre "l'objet d'échanges avec d'autres pays européens" pour faciliter l'harmonisation des pratiques. Un défi, alors que les États membres avancent en ordre dispersé. Pour preuve, si les Pays-Bas (mais aussi la Lituanie, l'Estonie, le Danemark, la Belgique, la Slovénie, la République tchèque, la Croatie, la Slovaquie et, ce 26 octobre, la Lettonie, indique le constructeur) ont autorisé l'utilisation du système d'aide à la conduite (et pas de conduite autonome) de Tesla FSD*, la France s'y refuse.
Le ministère annonce également qu'une "nouvelle étape sera engagée avec le ministère de l'Intérieur et les collectivités territoriales pour étudier les conditions de circulation des petits robots autonomes dans les espaces piétons et sur les trottoirs", alors que "les véhicules et robots de livraison sont [en théorie] autorisés depuis le 7 [8, ndlr] août 2026, à circuler sur les routes françaises" – visant ici implicitement la publication au JO d'un arrêté relatif à leur homologation.
Le ministère indique encore qu'il "travaillera à des solutions d’étapes concernant le cadre réglementaire pour ne pas freiner [sic], au niveau national, le développement des navettes autonomes destinées au transport public". Sans plus de précision à ce stade, si ce n'est qu'il entend dans ce domaine "s'appuyer sur ceux qui connaissent le mieux les réalités du terrain, à savoir les collectivités territoriales et les autorités organisatrices de la mobilité". Et que le développement de cette solution doit "s’inscrire dans une logique de complémentarité avec les réseaux de transport existant".
Le ministère entend en outre faciliter les démarches administratives et accompagner les porteurs de projets, qu'il s'agisse d'entreprises, d'opérateurs de transport ou de collectivités. Pour ce faire, la mise en place d'un "guichet unique, au niveau de l'État" est annoncée, là encore sans plus de précision.
Il rappelle enfin le récent lancement d'un réseau de collectivités européennes pour accélérer le déploiement des véhicules autonomes.
Des collectivités déjà à la manœuvre
Des collectivités dont plusieurs sont déjà à la manœuvre, comme l'ont confirmé plusieurs projets annoncés – ou confirmés – lors de ces assises. Parmi lesquels :
• le lancement, à compter de 2028, par Île-de-France Mobilités d'un service de transport collectif de passagers avec des véhicules autonomes ;
• la conclusion d'un partenariat entre la ville de Clichy, coordinatrice du projet, et les entreprises G7 et Milla, afin de déployer un service de robotaxis électriques et autonomes d'abord dans la commune – avec une montée en puissance progressive pouvant atteindre jusqu'à 100 véhicules d'ici 2030 –, avant une possible extension aux communes voisines du nord-ouest parisien et au quartier de La Défense. Un projet qui a en outre été déposé auprès d'ADACities, l'initiative lancée en juin dernier par la Commission européenne pour aider les villes à déployer à grande échelle la conduite autonome de niveau 4 dans les systèmes de transport urbain ;
• le projet de déploiement, à partir de 2028, de services de mobilité autonome dans le Grand Paris, porté par la métropole du Grand Paris, Bolt et Stellantis. Là aussi, le projet, qui ambitionne de s'étendre à environ 30 communes d'ici à 2030, a été soumis à ADAcities ;
• ou encore la signature d'une convention de coopération entre l'Union des transports publics et ferroviaires (UTPF) et la plateforme de la filière automobile (PFA) afin de les associer à la gouvernance du programme "France Véhicule Autonome", lequel vise à coordonner les acteurs et travaux portant notamment sur les véhicules particuliers automatisés, les systèmes de transport public automatisés, le fret et la logistique automatisés ainsi que le transport public particulier de personnes.
* Pour Full Self Driving, soit "Conduite entièrement autonome", rebaptisé sous la pression des autorités européennes "Conduite assistée".