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Avec une consommation touristique en hausse, 2018 restera malgré tout une bonne année

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Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis
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Tourisme, culture, loisirs

Développement économique

France

Pour la seconde année consécutive, la consommation touristique a progressé en France en 2018, selon le bilan définitif établi par la DGE. Seul le secteur des transports a faibli. La consommation touristique des Français sur le territoire national a moins progressé que celle des visiteurs étrangers, qui représente 38% de la consommation intérieure touristique. Le secrétaire d'Etat Jean-Baptiste Lemoyne a pour sa part fourni ce 16 janvier de premières indications pour 2019, y compris le mois de décembre marqué par les grèves, parlant d'une "bonne résilience de la destination France dans son ensemble".

La direction générale des entreprises (DGE) du ministère de l'Économie et des Finances publie, dans le dernier numéro de son "4 pages", le bilan définitif de la consommation touristique en France en 2018. Cette dernière progresse pour la seconde année consécutive – après le brutal coup de frein consécutif aux attentats de 2015 et 2016 – pour atteindre un total de 173,3 milliards d'euros, contre 165,9 milliards en 2017, soit une augmentation de 4,4% (après 4,7% en 2017, voir notre article ci-dessous du 15 avril 2019). L'année a pourtant été marquée par le début des manifestations des gilets jaunes et les violences qui les ont accompagnées, notamment à Paris. Mais elles sont intervenues trop tardivement (le saccage de l'Arc de triomphe date du 1er décembre) pour peser véritablement sur l'année. Il pourrait en être différemment en 2019, où les manifestations violentes se sont étalées sur plusieurs mois (dégradations sur les Champs-Élysées le 19 mars 2019), avant les grèves de la SNCF et de la RATP en décembre.

Une décélération en volume, masquée par un effet prix

Pour autant, l'année 2018 n'a pas été exempte de mouvements sociaux, avec les grèves à la SNCF contre la réforme du statut en début d'année et les grèves à répétition à Air France entre février et juin. Conséquences : les dépenses en train ont reculé de 5,4% sur l'année et les dépenses en transport aérien de passagers par les compagnies nationales augmentent moins que celles sur les compagnies étrangères.

Mais, hors du secteur des transports, tous les indicateurs de 2018 sont au vert, même si les résultats sont un peu moins bons qu'en 2017. Ainsi, l'augmentation en valeur de 4,4% de la consommation touristique recouvre une progression en volume (hors variation des prix) de 2,1% contre 3,3% en 2017. La différence par rapport à l'augmentation en valeur tient à une hausse des prix dans le secteur de 2,3% (supérieure à l'inflation moyenne de 1,8%), contre 1,4% en 2017. Au final, la contribution de la consommation touristique au PIB s'élève à 7,4% (4,4% après déduction des consommations intermédiaires et des importations).

Confirmation du retour des étrangers et bonne année pour les hébergements marchands

L'année 2018 voit également la confirmation du retour des touristes étrangers, dont la consommation progresse de 5,9% après 4,8% en 2017. Ces visiteurs étrangers représentent ainsi 38% de la consommation intérieure touristique en France et 2,7% du PIB. La consommation touristique des Français sur le territoire national a progressé moins rapidement (3,6% en 2018 contre 4,6% en 2017) et représente 6,6% de la consommation finale effective des ménages et 4,4% du PIB.

En termes de répartition des dépenses, les deux postes de dépenses touristiques les plus importants sont l'hébergement collectif (31% pour les étrangers et 16% pour les Français) et les transports non urbains (respectivement 18% et 22%). En termes sectoriels, les gagnants de 2018 sont les locations de courte durée de matériel (+8,2%), les restaurants et cafés (+6,8%), les services de voyagistes et agences de voyages (+6,5%) et les hébergements touristiques marchands (+5,2%). Ces derniers avaient toutefois connu cinq années défavorables avant la reprise de 2017 (+7,2%) et de 2018. Les services culturels, sportifs et de loisirs connaissent également un bonne année, avec une progression de la consommation de 5,1%, même si elle est moins importante qu'en 2017 (+9,9%). En particulier, les parcs d'attractions et autres services récréatifs (+8%) et les musées, spectacles et autres activités culturelles (+4,8%) tirent bien leur épingle du jeu, alors que les casinos stagnent (+0,5%).

"Bonne résilience" du tourisme en décembre en France malgré les grèves

La fréquentation touristique en France a affiché "une bonne résilience" en décembre malgré les grèves contre la réforme des retraites, a indiqué ce jeudi 16 janvier le quai d'Orsay, même si le tourisme intérieur, notamment d'affaires, en a pâti.

Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d'État aux Affaires étrangères, a fait état "d'une bonne résilience de la destination France dans son ensemble", reconnaissant toutefois "des impacts contrastés et le fait que certains hôteliers et restaurateurs à Paris ont connu des difficultés". "Le tourisme d'affaires domestique a été plus touché que le tourisme de loisirs international", a-t-il résumé à l'issue du premier comité de filière Tourisme réuni au quai d'Orsay.
Le mois de décembre a ainsi vu "une augmentation globale des arrivées aériennes internationales de l'ordre de 4,9%". Mais dans le détail, les arrivées aéroportuaires en provenance d'Europe sont "en baisse de l'ordre de 5%", tandis que "les zones hors Europe sont en croissance: on est à +13% pour l'Amérique du Nord, +28% pour le Brésil, +16% pour la Chine, +17% pour le Japon", a détaillé Jean-Baptiste Lemoyne. Il a également indiqué que pour décembre, "à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, très orienté à l'international, le trafic aérien s'affichait en hausse de 2,9% sur un an, alors qu'à Orly, très orienté national, le trafic était en baisse de 7,5%". Il a tenu cependant à souligner que toutes ces comparaisons se faisaient "avec un mois de décembre 2018 qui avait été complexe" du fait du mouvement des "gilets jaunes". Quant à la fréquentation hôtelière à Paris, mesurée par le taux d'occupation des établissements, "elle va ressortir à 71,2% pour l'ensemble de l'année, cela montre qu'elle n'a pas retrouvé, à la suite de l'épisode 'gilets jaunes', le niveau de 2017 qui était de 75,2%", souligne le secrétaire d'Etat, s'appuyant sur des données du cabinet MKG.
Sur décembre uniquement, l'Union des métiers et industries de l'hôtellerie (Umih) "indique une relative stabilité de l'activité hôtelière en Île-de-France si on compare à 2018, mais une baisse de 4 points de taux d'occupation par rapport à décembre 2017".
Pour l'ensemble de l'année 2019, le secrétaire d'État dit s'attendre à une fréquentation touristique étrangère "toujours en légère croissance". En 2018, l'Hexagone avait accueilli 89 millions de visiteurs internationaux. "Dans la balance des paiements, entre janvier et novembre, les recettes touristiques sont en hausse de 3,4%, donc ça reste bien orienté", a-t-il enfin relevé.

AFP

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